TENTE ARABE
pour que nous ne nous dispensions pas d expliquer au lecteur ce que c'est qu’un douar et ce que c’est que la tente arabe d) ; à cet égard, comme à tant d’autres, il y a uniformité dans toute l’Afrique du Nord. Nous noterons seulement qu’au Maroc on observe souvent des douars beaucoup plus gros que ceux que l’on est habitué à voir en Algérie : dans les Ghâouia il n’est pas rare d’avoir le spectacle magnifique de soixante, quatre-vingts, quelquefois cent tentes rangées en un cercle immense dont le milieu, le « merah », se remplit chaque soir de nombreux troupeaux revenant de la pâture, tandis que la vie humaine se localise au pourtour, appelé en arabe « rî f » A . On remarque beaucoup de tentes neuves la plupart du temps en poil de chèvre. Mais dans beaucoup de parties des Ghâouia comme dans les Doukkâla, latente est souvent tissée de lîf, c’est-à-dire de libres que p on retire du tissu réticulaire qui recouvre le collet du palmier nain ou « doûm ». On tire aussi du pied de l’asphodèle ou « berouâg » une fibre que l’on bat, que l’on mouille et que l’on tisse. On la nomme « haïdelli » et on l’emploie également à la confection des tentes (1 2 3b
Ce soir est la fin d’une belle journée ; la rentrée des troupeaux met tout le douar en mouvement ; une vieille négresse
(1) Sur la construction d’un douar, l’emplacement des tentes, leur des¬
cription, voy. Delpliin, «Textes pour l’étude de l’arabe parlé», p. 148 seq., 284, 328 seq Gel excellent livre va être incessamment traduit en fran¬
çais et sera ainsi accessible à tous. Cf. N illot, «Mœurs, coutumes... », p. 1 ; Trumelet, « Français dans le Désert », p. 152, 210 (tentes de luxe, différentes sortes de tentes) ; sur les différentes espèces de tentes marocaines, voy. une excellente note de Quedenfeldt, « Pop. berb. au Mar. », trad. Simon, p. 92 ; sur le douar et la vie au douar dans les Cbâouia, voy. Urquhart, « Pillars of Hercules », I, p. 452.
(2) D’où le vérité arabe « riyyef», « se mettre au bord du douar ».
(3) Cf. Dr Weissgerber, « Trois mois de campagne au Maroc », p. 29.