‹ MerrâkechChapitre 101 sur 223 · CHANTS DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHANTS DU TRAVAIL

sur la colline — Je demande l’hospitalité comme hôte de Dieu — Prie pour moi, ô notre seigneur ! »

L’ouvrier travaille à Azemmoûr ; dans le suivant, il travaille à Mogador et s’adresse au patron de cette ville :

« Je suis un hôte de Dieu, au nom de Dieu, ô Sîdi Megdoûl — O Regrâgui, protège-moi, car je suis accablé — Je suis venu vers toi, mon Seigneur — Pour que tu sois maintenant mon appui. »

D’autres fois, le travailleur pense à son pays natal ou au saint à qui il a de la dévotion :

« Celui qui est aimé de Dieu va visiter les chérifs — Il va à Ouezzân en pèlerinage — Use débarrasse des maux qui lui pèsent, ses os sont allégés — Il obtient la chose qu’il demande dans sa journée. »

Parfois, le souvenir est gracieux, comme dans le chant suivant :

« O ma montagne du Jbel et 'Alain — O ma montagne avec ses fleurs — O Moùlaye Abdesselâm — O toi qui enrichis tes pèlerins ! »

Les ouvriers mineurs qui creusent les étonnants canaux souterrains connus sous le nom de « khettâra », dont nous parlerons plus loin, ont des chants analogues et ce serait allonger ces pages sans nécessité que d’en ciler trop. Je donnerai seulement les deux suivants d’un caractère purement religieux et empreints du véritable « Islam », mot à mot « abandon entre les mains de Dieu » :

« Au nom de Dieu et par Dieu, c’est sur Dieu que nous comptons — O Dieu, facilite-nous notre tâche, fais que nous ne soyons pas déçus. »

« O toi dont l’ancêtre est illustre, en toi notre espérance — Fais que nos désirs soient exaucés, ô notre Seigneur ! —

J BEL FETNÂCA

Bonjour et prière sur le Très-Glorieux — Il n’y a pas de religion, si ce n’est celle de Mohammed (B ».

Ainsi l’Islam emprisonne la personnalité des misérables chanteurs dans le cercle inflexible des volontés divines, comme leur pauvre condition les condamne à une vie de labeur.

(29 mars). Partis à 5 li. 35, nous sommes vers 6b. 1/2 à Sîdi Rahhâl, beau dcher avec de nombreuses nouâla, des troupeaux immenses et où règne une grande animation. Cinq minutes après, nous sommes dans les défilés dits communément du Jbel Lakhdar, mais qui sont en réalité ceux du Jbel Fetnâça ; le Jbel Lakhdar est seulement dans le prolongemen t de la chaîne à une demi-étape dans la direction du nord-est. Le défilé n'est pas très pittoresque, les montagnes sont peu élevées (100 mètres au-dessus du plateau), toutes cultivées, presque sans broussailles; le paysage se présente comme une succession de mamelons verts. Au bout do trois quarts

Fig. 38. — Kerkoûr de Sidi ‘Abdallâh el Haouàoui

(■ Cliché (le l'auteur)

d’heure, nous passons près d’un important dcher dont le

(1) Voy. appendice n° 1.

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