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ERMITES DU J BEL LAKHDAR

indigènes, le lien de séjour de plusieurs santons qui y vivraient dans la solitude et n’en descendraient guère que pour aller mendier. Le fait est que, dans nos voyages, chaque fois que nous témoignions aux gens de notre escorte, le désir de visiter le Jbel Lakhdar, nous rencontrions peu d’approbation ; plusieurs fois même on nous déclara que les chrétiens ne devaient pas y monter. Les membres de la mission Th. Fischer, en 1901, rapportent également que la montagne a un caractère sacré et est habitée par des ermites. On s’y rend continuellement en pèlerinage, particulièrement àl’âïd el kebîr et Th. Fischer, qui avait l’intention de l’explorer et en fut détourné par les gens de son escorte, rencontra non loin de la montagne, des bandes nombreuses de pèlerins d’allure fanatique qui en revenaient, précisément à l’époque de l’âïd el kebîr (b. Cependant, à la fin de la même année, le géologue français Brives traversa le Jbel Lakhdar sans avoir été le moins du monde inquiété (1 2) ; il ne parle pas, du reste, de la sainteté de la montagne, ni des ermites qui y habiteraient encore. D’ailleurs, soit qu’il existe toujours de ces saints personnages dans cette montagne vénérable, soit qu’il n’y ait plus là qu’un souvenir du passé, il est constant et nous aurons l’occasion de le voir dans la suite de cet ouvrage, que le Jbel Lakhdar tient une place importante dans l’hagiographie marocaine ; beaucoup de santons sont don nés comme en étant originaires et il a certainement joué le rôle d’un foyer et d’un centre de dispersion religieux.

La plupart des auteurs ont remarqué qu’au moins à

(1) Th. Fischer, « Meine dritte Forschungsreise », p. 94-95 ; Kampffmeyer, « Reisebriefe », lettre VII, 5 avril 1901 ; Weissgerber, « Trois mois de campagne au Maroc », p. 155.

(2) Brives, « Notes sur un voyage d’études géologiques », p. 5-6.

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