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LES DATAS

mais est troublée petit à petit par le piétinement et les déjections des bestiaux, deviennent fétides au moment des chaleurs et disparaissent complètement pendant l’été. Elles sont disséminées un peu partout sur le plateau subatlantique et nous en retrouverons jusqu’auprès des Jbilêl : la Bahîra qui s’étend au pied de celle-ci n’est qu’une immense daya. Les dayas servent à laver le linge et, pendant la saison de la tonte, à laver la laine. C’est un spectacle pittoresque qui se renouvelle souvent sur la route que celui des femmes qui,

Fia. 40. — Jeune fille venant de laver de la laine dans nne daya

( Cliché de M. Veyre)

au milieu des dayas, mouillées jusqu’aux genoux, lavent à grande eau les toisons récemment coupées.

La fertilité du sol des Doukkàla est proverbiale, au point que dans le Nord on dit d’une tribu pour exprimer que son sol est riche : « Ce sont les Doukkàla du ïtarb O ». Le

(1) Cité par de Foucauld. « Reconnaissance », p. 43, à propos de la tribu des Zemmoûr. Cpr Quedenfeldt, « Rép. et Div. Berb. Mar. », trad. Simon, p. 103.

AGRICULTURE DES DOUKKÂLA

doukkâli du reste est bon cultivateur, connaît le prix de sa terre, mais ne se repose pas sur sa fécondité et sait l’aider en la travaillant. Les principales cultures sont le blé, l’orge, les pois chiches, les fèves, les lentilles et, depuis quelques années seulement, le lin. Ils conçoivent deux catégories de terres : terres à blé et terres à orge. Dans les premières ils font succéder au blé le maïs ou une légumineuse, qui sont des cultures de printemps ou d’été, en sorte que la terre se repose quelque temps entre les deux cultures. Toutefois le lin est semé en octobre et épuise ainsi la terre à tous les points de vue. Pour les terres plus pauvres, dites à orge, l’assolement admet une jachère sur deux années : orge, jachère et ainsi de suite. Aux cultures énumérées ci-dessus, il faut ajouter la vigne : elle vient très bien dans les Doukkâla et y produit un gros raisin noir, qui est une des grandes ressources de l’alimentation dans cette région pauvre en fruits. Les indigènes soignent du reste très bien leurs vignes et connaissent en particulier toute la valeur d’un bon piochage fait en temps utile. Vont-ils pas jusqu’à dire, en manière de proverbe : « Lahmek iski ou l'âkel inkech » ? C’est-à-dire : « Le sot arrose, le sage bine ».

Nous avons fait plus haut allusion au manque d’arbres fruitiers dans les Doukkâla. C’est là un caractère absolu de ce plateau : il n’y a d’exception que pour la vigne, le figuier et le figuier de Barbarie. Mais les pomacées, mais l’amandier, le grenadier, l’oranger y sont inconnus. L’olivier non plus n’y existe pas, si ce n’est à l’état d’individus isolés et en général de chétive venue. La sécheresse du sol, que la profondeur des nappes d’eau ne permet pas d’irriguer, en est évidemment la cause. Le figuier est à peu près le seul arbre qui, dans les vastes étendues des Doukkâla, égaie un peu la vue et permet au voyageur de trouver quelque

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