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LA CUILLER DES DOUKKÂLA

la viande de brebis et la viande de vache. Les Doukkâla ne sont pas experts dans l’art de faire sécher la viande : ils ne procèdent guère à cette opération qn’à l’occasion de l’âîd el kobîr. Encore consomment-ils dans un très court délai la viande ainsi préparée (keddîd). Ils boivent, comme tous les marocains, énormément de thé; ils ne fument presque pas de kif : l’habitude de fumer est, en tribu, considérée comme honteuse.

A propos de l’alimentation des Doukkâla, nous devons noter ici qu’ils se servent de coquillages en guise de cuiller pour manger la « heçoua», qui est une bouillie de farine d'orge et, par ailleurs, pour les autres aliments plus ou moins liquides. L’usage des coquillages leur est commun avec d’autres tribus littorales du Hoûz, comme par exemple les Châouia (b; les 'A bd a — Le mot « mhâra » qui par ici, comme dans toute l’Afrique du Nord, désigne les coquillages sert aussi à désigner la cuiller. Le coquillage le plus communément employé à cet usage est une espèce du genre des patelles, la Patella ferruginea (Lamark) ou la Patella safiana (Lamark) P ; ce choix est inattendu, car ces patelles de forme presque ronde ne doivent pas être très commodes pour puiser la bouillie ; les espèces du genre des moules seraient préférables, si elles étaient assez grandes : c’étaient les espèces du genre mytilus , que les hommes préhistoriques des environs d’Oran employaient pour manger leur soupe (1 2 3k D’ailleurs les types de cuiller en pointe sont dans le monde

(1) Cpr. pour les Châouia, Weissgerber, «Trois mois au Maroc», p. 32.

(2) Cette dernière est ainsi nommée, parce que Lamarck l’a décrite pour la première lois, dans ses « Animaux sans vertèbres », sur un échantillon provenant de Saffi, qui est précisément dans la région des 'Abda.

(3) Cl Pallary, in «Bull. Soc. Anthrop. Paris», séance du 19 oct. 1893.

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