‹ MerrâkechChapitre 134 sur 223 · LE HAÏ K · texte numérisé non relu

LE HAÏ K

ainsi deux des traits les plus apparents qui distinguent à première vue les Doukkâla, je veux dire le port du liaik chez les hommes et la coquetterie de leurs femmes. Donnons ici quelques détails sur ce liâïk, vêtement répandu dans toute l’Afrique du Nord et intéressant à étudier, parce que sa simplicité est vraisemblablement la marque d’une haute antiquité et parce qu’il est resté jusqu’à ce jour le vêtement le plus élégant des Musulmans du Magrib. Comme Léon nous le donne à entendre, le hâïk n’est qu une pièce de drap très simple, rectangulaire, longue, sans une seule couture, que l’on drape autour du corps et qui tient toute seule, sans agrafes, boutonnières, épingles, ni quelque attache que ce soit. Il n’est, point téméraire de penser qu’un tel vêtement a dû précéder les vêtements cousus. L’usage de s’envelopper le corps dans une étoffe de forme rectangulaire est en tout cas d’une haute antiquité : des monuments très anciens de l’Orient nous représentent des bédouins portant un manteau carré roulé autour du corps et dont le dernier pan sortant de dessous le bras droit est rejeté par dessus l’épaule gauche d) • aujourd’hui, dans l’Afrique du Nord, le liâïk est employé par des populations évidemment fort primitives ou fort pauvres (1 2) et, en ce cas, il est le plus souvent, aussi bien au Maroc que dans le reste de la Berbérie, désigné sous le nom de « ksa a. Ce dernier mot signifie le vêtement par

(1) Salle des trônes du palais de Persépolis. Voy. Texier, « Desc. Arm., Perse et Mésop. », t. II, p. 192 et pl. 113. Voir aussi le curieux chapitre d’Urquliart, « Pillars of Hercules », I, p. 116 secp, en faisant toutes réserves sur les vues de l'auteur.

(2) Pour un exemple actuel, voy. de La Martinière et Lacroix, « Documents », 1. III, p. 232 seq; pour un exemple plus ancien, voy. Loiret, « Yoyap-e en Barbarie», l. I, p. 32.

Page 1