‹ MerrâkechChapitre 143 sur 223 · HAÏK , PALLIUM ET TOGE · texte numérisé non relu

HAÏK , PALLIUM ET TOGE

fusa » qui prévalut sous l’empire n’était pas rectangulaire, mais demi-circulaire; elle se drapait en principe comme le pallium, mais le premier pan, celui de gauche, tombait jusqu’aux pieds et l’autre extrémité, celle qui passait sous le bras droit et par devant le corps était pliée en deux dans le sens de sa longueur, de façon à former un double sinus, puis le reste était rejeté par dessus l'épaule et tombait sur les talons d). Toge, pallium, rida de l’ihrâm, ont ceci de commun, que ce sont de simples pièces d’étoffe qui passent sous le bras droit et recouvrent le gauche; le hâïk au contraire, sauf les exceptions que nous avons indiquées recouvre les deux bras, et de plus il fait deux fois le tour du corps ; il représente donc la combinaison des deux pièces de l’ihrâm, dont il est vraisemblablement l’héritier direct.

Le hâïk est resté le plus gracieux des habillements musulmans ; il contraste sous ce rapport avec l’affreuse «jellâba», dont nous parlerons plus loin, vêtement sans aucune espèce de goût. D’ailleurs, dans les villes, il n’y a pas d’élégant qui ne revête le hâïk. Non seulement il est la marque des notables de toute espèce, mais il est spécialement porté par les savants et par les gens pieux qui font profession d’une austérité de bon goût. Et à cet égard, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le pallium des anciens, qui fut sous l’empire considéré comme le vêtement des sages était la marque d’une vie savante et correcte, fi ioq ; à telle

d’étoffe », comme le nom de tous les vêtements que nous venons d’examiner. Elle n’était qu’une pièce rectangulaire, telle que la donne le métier a tisser. « C’est pourquoi, dans les rites des noces où l’esprit formaliste des romains conservait avec scrupule les traditions de la vie primitive, la toge du mari continuait à être employée pour couvrir le lit génial » (p. 100).

(1) Notre exposé nous dispense de faire remarquer que le hâïk ne vient nullement de la toge, comme l’avance Meakin, loc. cil .

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