‹ MerrâkechChapitre 144 sur 223 · FÊTES DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

FÊTES DOMESTIQUES

enseigne que Tertullien délaissa subitement la toge pour revêtir ce genre de manteau et en faire, en quelque sorte, le vêtement de l’ascète chrétien (b. Ce changement de costume causa dans Carthage une telle émotion (1 2), que Tertullien crut devoir écrire à ce propos son De PalUo , qui n’est au fond, suivant les savants les plus compétents, qu’une apologie de la tradition et de l’ascétisme. N’est-il pas curieux de voir à cette occasion, cette forme antique de vêtement servir de symbole au rigorisme et à la piété, comme cela se passe dans l’ihrâm? et n’y a-t-il pas quelque chose d’analogue dans le cachet particulier que le hâïk imprime au savant et fanatique Fâci qui circule gravement dans ce vêtement d’une élégante sobriété à travers les ruelles de la capitale marocaine ?

Nous serons brefs sur les fêtes domestiques des Doukkâla et sur leurs réjouissances publiques, car nous nous proposons de donner plus de détails sur ces su jets à propos de deux autres tribus que nous rencontrerons au cours de notre voyage dans le royaume de Merrâkech. Mais nous insisterons sur un sport, qui est presque leur spécialité du Maroc : nous avons nommé la fauconnerie.

La circoncision a lieu ordinairement sept à huit jours après la naissance; c’est là l’usage le plus répandu, mais on

(1) Paul Monceaux, « Hist. litt. Afr. chrét. », t. I, p. 407 seq. sur le port du pallium et le De Pallio de Tertullien.

(2) Cpr le passage curieux où Dozy, «Vêtements», p. 3, cite un texte d’Ibn Iyâs, dans lequel celui-ci dit, en parlant du célèbre historien Ibn Khaldoûn : « Après avoir obtenu la charge de cadi au Caire, il continua de porter le costume des Magribins et l’on compta cela au nombre des choses étranges (min an naouâdir) ».

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