MARIAGES
do fusil sont lires par les parents du fiancé à la porte de la maison de la fiancée, quand ils viennent la chercher et il y a là une sorte de simulacre d’enlèvement. Il n’y a guère que les gens aisés qui fassent une noce ; le commun du monde n’en fait pas : on se borne à préparer un couscoussou ou a ta'àm » pour tout le douar et l'on tue au moins un mouton. Si l’on fait une petite fête, elle dure souvent un jour seulement et le septième jour, il y a une seconde fête. Dans l’intervalle, le marié et la mariée restent sous la tente : aucune affaire ne peut obliger le mari à sortir. Comme dans presque toute l’Afrique du Nord, après la consommation du mariage, la chemise sanglante de la femme est promenée dans le douar. Mais comme les mœurs sont très relâchées, ce n’est pas là une preuve bien convaincante ; si la femme n’est pas vierge, le mari lui fait une blessure à la cuisse et avec le sang de la plaie, il fabrique une chemise de virginité. Comme en Algérie et en Tunisie, toute personne invitée à la noce doit un cadeau en argent, qui n’est d’ailleurs qu’un prêt à l’époux et doit être remboursé par celui-ci, lorsqu’il est plus tard invité à une noce dans la famille de celui qui est aujourd’hui son hôte. Ce prêt qui s’appelle en Algérie généralement « tâoûça », ou encore « kenboûch », s’appelle dans les Doukkâla « grâma », comme à Tlemcen. — Les cérémonies qui accompagnent l’inhumation n’ont rien de bien particulier et ressemblent à ce que nous aurons l’occasion de décrire ailleurs; le culte des morts paraît peu développé.
Dans les fêtes, noces, « moûcem » (fête en l’honneur du marabout, patron du douar ou de la tribu), il y a beaucoup de danses. Les femmes dansent mélangées aux hommes avec plus ou moins d’ordre : parfois un homme et une femme dansent l’un devant l’autre et se défient à qui dansera le plus