LA FAUCONNERIE
«jeu de la poudre » ou le jeu des chevaux », est un des grands plaisirs des arabes (h. Quand ils n’ont pas de chevaux, ce qui arrive fréquemment chez les Doukkâla, ils font la fantasia à pied avec le fusil; ils le balancent et le font tourner en l’air de différentes façons, ils le déchargent en l’abaissant vers le sol (1 2).
La chasse est un sport en honneur chez les Doukkâla ; ils ont beaucoup de sloùguis ou lévriers arabes et s’amusent volontiers à forcer le lièvre. Mais si la chasse les passionne, c’est autant parce qu’elle est un prétexte à courses équestres échevelées que comme une technique spéciale. Ils n’en ont point fait toute une science, comme nous fîmes au moyen-âge de la chasse au cerf ou de la chasse au sanglier; c’est avant tout pour eux une occasion de parade et de chevauchées, comme la chasse au renard en Angleterre. Cependant ils ont poussé assez loin l’art de dresser les oiseaux et c’est chez les Doukkâla que se trouvent les plus célèbres fauconniers du Maroc. Quelques grands seigneurs, comme par exemple le célèbre caïd des 'Abda, Si 'Omar ben Âïça, sont grands amateurs de faucons et ne reculent devant aucuns frais pour se procurer des oiseaux. Il est pris, dit-on, de la véritable passion du vol aux faucons : passion que les profanes comme nous s’expliquent assez difficilement, mais dont la violence
(1) Sur l’expression fantasia qui n’est pas employée dans le sens de « jeu des chevaux» par les arabes, voy. Sonneck, « Six chansons arabes », in « Journ. Asiat. », 9e sér, t. XIII, n° 3, mai-juin, p. 520, n° 8 ; Delphin, « Textes », p. 233. L’amour de ce sport est parfois poussé jusqu’à la passion. Cf de Foucauld, « Reconnaissance », p. 71.
(2) Voir une description de la fantasia à pied dans Quedenfeldt, « Div. et rép. des Berb. au Maroc », trad. Simon, p. 35. Cpr les curieux combats singuliers chez les Touareg- décrits par Foureau, « Mon neuvième voy. au Sahara et au pays touareg- », in « Bull. Soc. Géog. Paris », 7e sér., t. XIX, 2e trim. 1898,' p. 236.