‹ MerrâkechChapitre 149 sur 223 · LES FAUCONS · texte numérisé non relu

LES FAUCONS

est confirmée par tant de célèbres exemples historiques. «J’affirme, dit le général Margueritte, un des plus grands chasseurs algériens, j’affirme que le courre de l’autruche et le vol aux faucons sont les chasses les plus attrayantes que l’on puisse faire en ce monde. Elles rajeunissent, disent les adeptes, et je le crois sans peine, en raison du plaisir intense qu’elles donnent, en même temps qu’elles poussent au maximum toutes les facultés locomotives 0) ».

Les Doukkâla distinguent deux espèces de faucons : « le bahri » et le «nebli». Quand ils sont jeunes, ils se ressemblent tous les deux. Mais le « nebli » devient plus grand et plus beau ; ses yeux sont grands et noirs et sa poitrine devient avec l’âge toute tigrée (2). Le bahri chasse de la « 'ansra » (24 juin) jusqu’à mars et le nebli d’octobre à la 'ansra, le reste du temps on les tient à l’attache. Aucun d’eux ne chasse la grosse outarde ou hbâra (3), comme le fait

(1) G1 Margueritte, « Chasses de l’Algérie », p. 168. Voy. page 160 seq., le récit animé et pittoresque d’un vol aux faucons.

(2) Pour la distinction des différentes espèces de faucons suivant les arabes, voy. Damnas, « Chevaux du Sahara », p. 362, qui donne entre autres espèces, le « bahara » et le « nebala » (sic), évidemment identiques à notre bahri et à notre nebli. Mais comment déterminer scientifiquement ces espèces indigènes? Loche, « Hist. nat. d. ois. », ne donne pas de synonymie indigène. Quedenfeldt qui cite comme dressé pour la chasse au Maroc le Falco Feldeggi, Schleg., \q F. peregrinus, Briss. et le F. barbants , L., ne donne pas les appellations indigènes. Les indications qui se trouvent dans Kônig, « Reis. u. Forsch. in Alg.», p. 43 seq. , ne sont guère plus instructives. Cet auteur identifie le F. barbants au « bourni » des arabes (sur le bourni, Daumas, loc. cit.; Hartmann, « Beduinenlied. », 34-35; Féraud, in. « Rev. Af.», XXVe ann., n° 147, mai-juin 1881, P - 209), que nos informateurs marocains ne nous ont pas cité ; il cite le bahri sans l’identifier ; et il assimile une espèce qu’il appelle « l’abli », probablement corruption pour « nebli », à l 'Astur palumbarius , L. ; quant à F. peregrinus et F. Feldeggi il leur donne seulement le nom générique de « teïr el horr ».

(3) Voy. supra, p. 47.

Page 1