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L’ÉTRANGER ET L’HOSPITALITÉ

à l’écarter, surtout si sou extérieur lui paraît rébarbatif ou s'il est laid ou contrefait. Les Rifains, d’après El Bekri, ne souffraient pas dans leur pays un étranger atteint d infirmités (b. Ce serait mal connaître les moeurs des sauvages que de penser que ces Rifains craignaient 1 abâtardissement de leur race : ils cherchaient bien plutôt à écarter les influences mauvaises, les causes de déchéance que, dans leur croyance, un étranger contrefait ne pouvait manquer d’introduire chez eux. Si le primitif n’écarte pas 1 étranger, il cherche à se protéger contre lui; parfois on lui impose une purification (1 2) ; plus souvent on cherche à se le concilier. En particulier, on l’invite à manger, parce que c’est une croyance universelle que les aliments partagés entre plusieurs personnes rendent leurs destinées solidaires les unes des autres ; de là cette organisation de 1 hospitalité, si bien conservée en Ivabylie, de là encore ce mélange de courtoisie et de méfiance avec lequel ouest souvent accueilli, au Maroc, par exemple : hosjoes, hostis. On vous donne une « moûna » plantureuse et on vous fait surveiller étroitement. On cherche d’ailleurs dès qu’on a décidé de vous traiter en hôte, à tirer profit de votre séjour : on met à contribution vos talents présumés de sorcier et de médecin (c’est tout un pour eux) ; l’on vient vous demander des consultations et vous êtes proprement le médecin malgré lui; si l’étranger est musulman, on lui soumettra des différends, on l’obligera à trancher des querelles confuses et anciennes : il ne pourra se dispenser d’être arbitre (3).

(1) El Bekri, « Af. sept. », trad. de Slane, p. 234.

(2) Frazer, « Golden Bong-li », I, p. 307; trad. IV., p. 238.

(3) Léon l’Africain, in Ramusio, fol. 21, B; trad. Temporal, I,

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