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ORIGINES DE LA FAUCONNERIE

caractère divin 0) et dans la religion égyptienne, en particulier, il est en relation étroite avec un dieu bien antique, le dieu Horus (1 2). Dans les vieilles lois des peuples européens, celui qui tuait ou volait un faucon était puni de peines extrêmement sévères, souvent de mort. Une loi burgunde dit : « Si quelqu’un a tenté de s’emparer du faucon d’autrui, le faucon mangera six onces de cliair sur son sein (sex uncias carnis acceptor ipse super teslones cornedal) ». Ces pénalités disproportionnées avec le délit qu’elles punissent s’expliquent aisément dans l’hypothèse d’un caractère sacré primitif. Dans toutes les littératures populaires, du reste, le faucon est resté le type de la noblesse et de la grandeur d’âme ; non seulement son nom même de « teïr el horr » (3) en fait foi, mais aussi les proverbes où il est mis en scène. « Teïr el horr ila hçel ma itkhebbet chi », c’est-à-dire, « le faucon lorsqu’il est pris, ne se débat pas (dédaigne de se débattre) ». « Teïr el horr ichker mbâtou », c’est-à-dire, « le faucon fait l’éloge de son gîte (il ne dit pas de mal d’une maison où il a été reçu) », et bien d’autres proverbes de ce genre.... On peut, nous semble-t-il, conclure de l’ensemble de ces faits, que l’estime dans laquelle on tient te faucon et la considération

(1) Cf de Gubernatis, «Mythol. anim.», II, 200 seq., avec toutes réserves sur les interprétations météorologiques favorites de l’école.

(2) Voy. Lefébure, « Yeux d’Horus », p. 106-107; Loret, « Horus-le- Faucon », p. 11.

(3) Au XIVe et XVe siècle on estimait fort en Europe une espèce de faucon que l’on importait de Barbarie et que l’on appelait Tabarote, Tagarotte, Cbabarolte, Harotte... Les deux premières formes de ce nom ne semblent-elles pas indiquer qu’il est une altérai ion de l’arabe « teïr el horr » ? Voy. Magaud d’Aubusson, op. laud., p. 45 (avec une référence à LaCurne de Sainte Balaye) et 154.

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