UN DOUAR DES REHÂMNA
néanmoins tirer parti de ces terres : les habitants savent déjà très bien en faisant converger les irrigations sur la partie du terrain qu’ils veulent cultiver, arriver à détremper le dessus du sol et à le rendre labourable (b. Tout ce grand espace entre les Seràrna et les Rehâmna que nous avons traversé ce matin est cependant presque vide. Il en est toujours ainsi au Maroc aux limites des tribus et des grands groupements sociaux : it y a là une sorte de zone où la sécurité est en général très précaire et qu'il est souvent particulièrement
dangereux de traverser (2).
Nous avons installé notre campement entre le marché
et le dcber, près du
Fig. 77. — Femmes des Rehâmna allant chercher de l’eau
(Cliché de l’auteur)
chemin qui de celui-ci conduit à un puits ; cette organisation, machiavéliquement combinée par l’excellent Si 'Allai, nous permetd’entamer la conversation avec nombre de dames des Oulàd Brahîm, qui vont puiser de l’eau et qui, enhardies par l’absence des hommes, partis presque tous au marché, n’hésitent pas à
satisfaire leur curiosité naturelle, en s’arrêtant quelque temps devant notre tente. Cependant, sous celle-ci, l’appareil photographique
1) Brives, « Consul, géog1. sur le Maroc Occid. », in « Bull. Soc. Géogu », 2e trim. 1902, p. 171.
(2) Mouliéras, « Maroc inconnu », I, p. 48
Fig. 78. — Enfants et jeunes gens chez les Rehâmna Fig. 70. — Un tâleb rahmâni
[Cliché de l’cititeur) ( Cliché de l’auteur )