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ORIGINE OU JEU DE LA « KOÛRA

les Oulàd Kâcem, se livraient, au moment cle la fête du printemps j à un exercice vraiment sauvage. Les guerriers (les deux douars se réunissaient dans la grande prairie qui se trouve derrière Tanefdour; on traçait une limite dans une partie de la prairie où se trouvait, autant que possible, une bande de narcisses; puis les deux camps, séparés par deux ou trois cents mètres, préparaient leurs armes à feu. A tour de rôle des guerriers hardis s’avançaient pour cueillir des fleurs de narcisse sur la bande limite et ils étaient reçus à coups de fusil par ceux du camp opposé. Il va sans dire que chacune de ces singulières solennités était marquée par des morts et des blessures graves (b». L’analogie du jeu avec celui de la koûra est intéressante à remarquer dans ce dernier exemple A).

Sans vouloir donner rigoureusement une même origine à ces coutumes remarquables, on peut au moins en tirer la conclusion que dès l’antiquité il y avait dans l’Afrique du Nord certaines dates de l’année solaire auxquelles on se livrait de véritables combats, sans que l’origine de ces hostilités fût autrement apparente. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la coutume de jouer périodiquement à la koûra se soit établie ; elle est proprement un combat et nous avons vu qu’au Maroc on en faisait souvent une lutte réellement dangereuse. Mais pourquoi cette lutte? on pourrait invoquer le souvenir d’une cérémonie magique; le pouvoir magique des coups pour expulser les esprits est une croyance très générale sur la terre et bien mise en lumière dans ces

(1) Communiqué par M. Ménétret, administrateur d’El Milia.

(2) Au cours des fêtes de « 'àchoûra », il y a aussi parfois de véritables batailles rangées ; nous en reparlerons plus loin en décrivant cette fête à Merrâkech.

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