ORIGINE OU JEU DE LA « KOÛRA
dernières années (O : un grand nombre de peuplades, d’autre part, ont une fête annuelle de l’expulsion des esprits!1 2). Mais cette explication nous paraît insuffisante (3). Il nous semble plutôt qu’il faudrait songer ici à ces cérémonies agraires qui avaient lieu au début de l’année et dont sont sortis nos carnavals : au cours de ces cérémonies le conflit entre la saison d’hiver et la saison d’été était représenté par des combats ou des drames (4) • le jeu de la koûra peut être un de ces simulacres de combats. Il faut observer ici que le printemps était jadis le commencement de l’année et, au point de vue agricole, le moment des semailles. Les semailles d’automne, en effet, sont une pratique récente dans l’histoire de l’humanité et les semailles étaient primitivement toutes des semailles de printemps (5). C’était donc le moment, par excellence, où l’on mettait en oeuvre toutes les pratiques magiques destinées à assurer l’abondance de la récolte. Les luttes et les combats figurent au premier plan dans les cérémonies du carnaval chez les divers peuples de la terre ; dans le carnaval des peuples catholiques, il se livre encore de véritables batailles avec les projectiles les plus divers, des œufs, des fruits et de nos jours, des confetti.
(1) Cf Frazer « Golden Bough », I, p. 301; III, p. 127 secp, 216-218.
(2) Cf Frazer, « Golden Bough », III, p. 60 secp
(3) On pourrait lui objecter le combat à coup de fusils où il ne saurait s’agir uniquement de chasser les esprits, puisqu’on tuerait ainsi celui qu’il s’agit de purifier.
(4) Voir à ce sujet Frazer, « Golden Bough », II, p. 99 seq. et en général tout le volume.
(5) Cf Frazer, « Golden Bough », III, p. 60 seq. D’ailleurs les cultures de printemps continuent à jouer un très grand rôle dans l’Afrique du Nord. Le sorgho et le millet qui ont été connus de l’homme avant le blé, sont des cultures de printemps.