‹ MerrâkechChapitre 182 sur 223 · JEUX I)E HASARD · texte numérisé non relu

JEUX I)E HASARD

Mannhardt a décrit les jeux qui, chez les paysans européens, ont lieu à diverses époques de l’année, Pâques, La Chandeleur, Noël et a mis en évidence leurs caractères de rites solaires destinés à assurer une bonne végétation (U. 11 est donc très vraisemblable que le jeu de la koûra soit le dernier vestige de telles cérémonies ; il est remarquable que tandis que le carnaval est tombé entièrement dans le peuple, la koûra soit, en certains cas, restée le privilège des tolba, héritiers directs évidemment des castes de magiciens qui, chez les aïeux antéislamiques , présidaient aux cérémonies publiques. D’autre part, dans le cas où la koûra est jouée pour faire tomber de l’eau, il est indéniable qu’elle a le caractère des rites magiques employés universellement à cet effet; or, nous verrons qu’un caractère de ces rites est d’être bruyants, de comporter des luttes et même des combats (1 2).

Nous faisons de nouveau remarquer d’ailleurs que certaines manières de jouer la koûra se pratiquent au Maroc à toute époque et dans toutes les classes de la société. C’est avec la fantasia à cheval, la lutte, l’escrime, un des principaux divertissements publics. En dehors de ces jeux sportifs, on joue aussi d’au très jeux de pur hasard, nonobstant l’interdiction canonique de ces jeux. Un d’entre eux, qui est particulièrement développé chez les Rehâmna, est le « sîg »: et il est bien remarquable que ce soit seulement pendant le Ramdûn que l’on joue à ce jeu; nous ignorons la raison de cet exclusivisme. Chaque joueur a devant lui deux rangées de trous; douze pierres circulent dans ces trous, suivant des règles assez compliquées et qu’on nous dispensera

(1) Mannhardt, « Baumkullus », p. 471 (jeu de halle des fiancés) el suiv.

(2) Cf infra, p. 387.

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