‹ MerrâkechChapitre 183 sur 223 · JEUX DE HASARD · texte numérisé non relu

JEUX DE HASARD

d’expliquer; le jeu consiste à faire passer ses pions dans le camp de l’adversaire. Pour cela on les fait avancer d un certain nombre do cases, suivant le nombre de points qu’on obtient en tirant au sort avant chaque coup avec des fragments de roseau ou de « klekh » (férule). Ces morceaux de bois remplacent les dés ; on en a six qu’on lance en l’air et on observe la façon dont ils retombent : s'ils tombent tous sur la même face, c’est le coup nommé « begra » ; s'il y en a cinq sur la face convexe et une sur la face concave ou un sur la face convexe et cinq sur la face concave, c’est le « sîg » ; s'il y en a quatre d un côté et deux de 1 autre, c’est « dàr reb'a » ou « fâsda », suivant la façon dont ils sont tournés ; s’il y en a trois d’un côté et trois de l’autre, c’est « dàr llàta ». Le meilleur coup est un sîg, qui mène de suite à la quatorzième case. Le jeu finit quand on a envahi toutes les cases de l’adversaire en lui prenant ses pièces.

Puisque nous en sommes sur ce chapitre, j’en profiterai pour rapporter ici un certain nombre de jeux que j’ai observés eu divers endroits du Maroc, mais particulièrement chez les Hâlia et les Ghiâdma.

Le tirage au sort avec des morceaux de bois (ar.: « 'ond », chellia : « takechchout ») est partout d’un usage fréquent ; un petit jeu de société consiste souvent à se mettre plusieurs pour manger une grappe de raisin, en prenant tour à tour un grain : celui qui se trouve manger le dernier grain paie l’enjeu, le plus souvent une livre ou un panier de raisin. L’espèce de philippine connue sous le nom de yâdâs, qui se fait en tirant chacun sur un bout de l’os du poulet qui est en forme de \J est répandue dans le Nord du Maroc, sous le nom de « friouêt » ; je ne fai pas constatée dans le Sud H).

(1) Sur yâdâs, cl Fag-nan, in « Revue Africaine », XIA Ie ann., n°s 246- 247, 1902, p. 364-366.

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