‹ MerrâkechChapitre 184 sur 223 · JEUX UES ENFANTS, OSSELETS · texte numérisé non relu

JEUX UES ENFANTS, OSSELETS

Les enfants marocains jouent souvent aux « dyoùr » : deux joueurs s’accroupissent l’un près de l’autre; chacun d’eux a devant lui trois tas de pierres, qui doivent être chacun d’un nombre impair de pierres. Celui qui commence à jouer prend un de ses tas et en distribue les pierres une à une entre les six tas ; quand c’est fini, il prend pour lui tous les tas qui ont un nombre pair de pierres et laisse les autres. Son adversaire joue à son tour de la même manière et ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes les pierres soient prises. Celui qui a le plus de pierres a gagné. Ils jouent aussi à pair ou impair; dans le Sud du Hoûz, en présentant les poings fermés, on dit : « cheltek » ; les chleuh des Hâha disent : « chellouk )). On joue encore à deviner dans quelle main se trouve un objet, et ce jeu s’appelle « khâtem » : celui qui devine juste donne un coup à l’autre, sinon il en reçoit un. Notre jeu des osselets a chkâïlb », se joue avec des pierres, mais, de même qu’en Algérie, on n’y joue jamais dans les maisons, parce que cela porte malheur. On prend les pierres choisies, on les lance et on les reçoit sur le dos de la main, puis on les relance avec le dos de la main et on les rattrappe en l’air avec la paume ouverte, de haut en bas. Si on rattrappe tout, on a gagné ; si on en laisse tomber, on a perdu. Toutefois, diverses dispositions permettent de reprendre les pièces tombées; par exemple, si en même temps qu’on en prend une à terre, on en lance une autre en l’air et qu’on la rattrappe ensuite. Le jeu de la fossette,

« hfîra », que les enfants jouent chez nous avec des billes, se joue aussi avec des pierres dans le Hoûz, ou mieux avec des flous : on les jette de loin dans un trou et ce qui entre dedans est pour le joueur.

Il n'y a peut-être pas de peuple au monde où les petites filles ne jouent pas à la poupée. Dans le Hoûz, comme dans

Page 1