JEUX DES ENFANTS : POUPÉE, « FERFARA
l’Afrique du Nord, en général, la poupée est appelée « 'aroça », en ch e Ilia « lis lit », c’est-à-dire « la fiancée » C’est, le plus souvent un simple morceau de roseau, sur lequel on fixe un antre morceau en croix, pour représenter les bras ; la tête, les yeux, le nez, la bouche sont dessinés avec du feu et on babille plus ou moins richement ce jouet primitif. Mais bien différents de certains peuples sauvages, pour lesquels la poupée est à la fois une divinité tutélaire et un jouet, les Marocains, comme tous les habitants de l’Afrique du Nord, l’ont frappée de suspicion ; on n’aime pas que les enfants s’amusent avec elle dans l’intérieur de la maison et on ne laisse pas la poupée, la nuit, dans la chambre où l’on couche : cela porterait malheur. On reconnaît là cette peur des représentations plastiques si commune chez les primitifs et que l’Islâm a consacrée et fortifiée par fin ferdiction des images.
Un autre jouet d’enfant, bien curieux pour les ethnographes est celui que nous avons entendu appeler « ferfàra » aux environs de Mogador et qui se nomme, paraît-il, «fernâna», chez les Rehâmna et «smâra», chez les Aït Imoûr. C’est une planchette longue et mince, à l’extrémité de laquelle on attache plusieurs cordelettes d’une longueur de lm à lm,50 que l’on tord fortement ensemble en tenant la planchette immobile. Puis on lâche le tout et on fait tourner l’instrument à la manière d’une fronde : la planchette se met à tourner très rapidement autour de son axe en détordant les cordes, puis elle tourne en sens inverse et ainsi de suite indéfiniment, tant qu’on imprime un mouvement rotatif à tout l’appareil. O11 produit ainsi une sorte de ronflement intermittent, parfois très violent et qui s’entend de loin, si les dimensions de la planchette sont convenablement choisies. On reconnaît le xwvo; employé dans les