‹ MerrâkechChapitre 188 sur 223 · CÉRÉMONIES DU MARIAGE : TAOUÇA · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES DU MARIAGE : TAOUÇA

burlesque : il singe le caïd de la tribu, les invités viennent lui soumettre des différends imaginaires, il prononce des condamnations, particulièrement des amendes à payer au fiancé ; il y a des marchés ridicules, on vend un œuf cinq sous, un poulet quarante sous, prix exorbitants chez les Rehâmna et les invités payent ces différentes sommes, à titre d'offrande au fiancé. Ce genre d’offrande est même obligatoire pour tous les invités qui luttent de générosité : c’est ce qu'on appelle le « brâz ». Plus tard, lorsqu’à son tour if sera invité à un mariage, te marié sera tenu de rendre un cadeau équivalent à celui qu’il a reçu de son invité d’aujourd’hui. La somme ainsi donnée en cadeau est considérée comme une véritable dette : c’est la « tâoûça » algérienne, appelée encore « kenboùch » (b. Cette tâoûça est en Algérie une véritable institution de prévoyance ; celui qui fait un mariage escompte les tâoûça des assistants et comme il sait ce qu’en pareille occasion, lui ou son père, ont eux-même donné, il peut calculer à peu près la somme qu’il récoltera et organiser sa fête en conséquence. Souvent, dans la Petite Kabylie, par exemple, un drap ou un foulard est étendu par terre et chacun y jette son offrande; un « berrâh », ou crieur, proclame à tous les échos te montant de la somme et le nom du donateur pendant qu’ un taleb accroupi à côté inscrit sur une liste le nom et le chiffre criés. Cette liste est destinée à faire foi; en Algérie, en effet, il est d’usage que celui qui est invité rende plus qu’il n’a reçu, et le désir de paraître généreux pousse certains invités, à donner parfois le double ou le triple de ce qu’ils ont jadis reçu. Mais si l’on veut briser les bonnes relations qu’on

(1) Appelée encore « hettoût », dans la petite Kabylie (Sicard, « Takitount »). Cf supra, p. 204.

Page 1