CÉRÉMONIES I)U MARIAGE
avait, ou indiquer qu’on ne ressent plus qu’une amitié très modérée pour son hôte, on se contente de donner exactement la somme que l’on a reçue. En aucun cas on ne peut donner moins, cette somme est juridiquement due et la jurisprudence algérienne a, paraît- il, été jusqu’à reconnaître ce genre de dette W. La tâoûça a lieu, non seulement pour les mariages, mais aussi pour d’autres fêtes ; celui qui a donné de nombreuses et généreuses tâoûça a ainsi, dans les mauvais jours, la possibilité de se tirer d’affaires en donnant une grande fête, où affluent les restitutions et dont il lui reste toujours quelques bénéfices. Il y a même quelquefois des abus et h administration algérienne, pour les faire cesser, avait voulu, à une époque, réglementer la tâoûça et en faire faire la perception par le receveur des contributions : heureusement ce projet, fruit d’un amour excessif de la réglementation, n’eut pas de suite (1 2).
Ce même jour, la jeune mariée fait son herkoûs, se parfume de senteurs violentes, « senbel » ou nard celtique (3), « kronfel », ou clou de girofle, safran et une plante nommée « târa », que je 11e sais pas identifier. Pendant les sept jours de la noce, la femme reste sans ceinture, elle ne recommence à la porter que le septième jour. Pendant ces sept jours le mari 11e voit pas ses parents; la fiancée voit sa mère dès le lendemain du mariage, mais elle reste une année sans voir son père : cependant, lorsque celui-ci a besoin de la revoir, il s’y risque, mais seulement trois ou quatre mois après.
(1) Cpr Hugonnet, « Souvenirs d’un chef de bureau arabe », p. 32-33 ; Robert, « Arabe tel qu’il est », p. 175.
(2) Archives administratives.
(3) Ainsi identifiée par Raynaud, «Hygiène et Médecine au Maroc », p. 169, n° 68.