‹ MerrâkechChapitre 189 sur 223 · CÉRÉMONIES I)U MARIAGE · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES I)U MARIAGE

avait, ou indiquer qu’on ne ressent plus qu’une amitié très modérée pour son hôte, on se contente de donner exactement la somme que l’on a reçue. En aucun cas on ne peut donner moins, cette somme est juridiquement due et la jurisprudence algérienne a, paraît- il, été jusqu’à reconnaître ce genre de dette W. La tâoûça a lieu, non seulement pour les mariages, mais aussi pour d’autres fêtes ; celui qui a donné de nombreuses et généreuses tâoûça a ainsi, dans les mauvais jours, la possibilité de se tirer d’affaires en donnant une grande fête, où affluent les restitutions et dont il lui reste toujours quelques bénéfices. Il y a même quelquefois des abus et h administration algérienne, pour les faire cesser, avait voulu, à une époque, réglementer la tâoûça et en faire faire la perception par le receveur des contributions : heureusement ce projet, fruit d’un amour excessif de la réglementation, n’eut pas de suite (1 2).

Ce même jour, la jeune mariée fait son herkoûs, se parfume de senteurs violentes, « senbel » ou nard celtique (3), « kronfel », ou clou de girofle, safran et une plante nommée « târa », que je 11e sais pas identifier. Pendant les sept jours de la noce, la femme reste sans ceinture, elle ne recommence à la porter que le septième jour. Pendant ces sept jours le mari 11e voit pas ses parents; la fiancée voit sa mère dès le lendemain du mariage, mais elle reste une année sans voir son père : cependant, lorsque celui-ci a besoin de la revoir, il s’y risque, mais seulement trois ou quatre mois après.

(1) Cpr Hugonnet, « Souvenirs d’un chef de bureau arabe », p. 32-33 ; Robert, « Arabe tel qu’il est », p. 175.

(2) Archives administratives.

(3) Ainsi identifiée par Raynaud, «Hygiène et Médecine au Maroc », p. 169, n° 68.

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