CONTACT DU MUSULMAN ET DE L’INFIDÈLE
Maroc, mais an demeurant ils ne souhaitent pas notre intervention et nous sont peut-être, à ce point de vue, plus hostiles que leurs compatriotes sédentaires, tout en ayant l’air plus conciliants.
Ces lignes tomberont peut-être sous les yeux de quelqu’un de ces musulmans éclairés et indépendants qui sont l’honneur de notre colonie : je les supplie de vouloir bien ne pas y voir l’expression d’un pessimisme systématique, . mais seulement la constatation d’un état de choses qui, pas plus que rien ici-bas, n’est immuable. Je suis intimement convaincu qu’un rapprochement sourd, mais sûr, s’effectue déjà depuis longtemps entre nous et les musulmans, et que de bonnes mesures administratives le favoriseront sans d’ailleurs que nos résistances puissent réussir à l’entraver ni nos impatiences à le précipiter. J’indiquerai seulement que dans nos relations avec les musulmans, nous devons tenir compte que le premier rapprochement nous est presque toujours défavorable : au premier contact I islam se replie et se hérisse, le fanatisme s exaccibe. G est un phénomène que nous connaissons bien en Algérie et qui est d’observation courante au Maroc : en Algérie, nous avons hâté, par notre seule présence et par une sorte de réaction l’islamisation de mainte peuplade berbère ; au Maroc, c’est un fait connu que les musulmans des villes, qui connaissent les Européens, sont plus fanatiques que ceux de l'intérieur. Il semble que le musulman ne prenne conscience de son individualité religieuse qu’au contact d’une antre individualité. Il n’y a là vraisemblablement qu’un phénomène temporaire, peut-être long à la vérité, mais qui doit s’évanouir par la fréquentation prolongée des deux peuples.
Un des signes apparents du mépris qui, au Maroc,