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LE SALUT MUSULMAN

s’attache au chrétien comme au j uif, c’est le refus absolu du C( salâm » à ces deux catégories d’infidèles. Quelle que soit la condition et l’équipage du chrétien voyageur, il n’obtiendra jamais qu un indigène lui dise : « es salâmou ' aleïkoum », qui est la formule du véritable salut musulman; et il aura beau adresser lui-même ses plus courtois « es salâmou aleïkoum », il n entendra jamais la réponse habituelle : « aleïkoum es salâm ». Si le musulman qu’il salue ainsi est bien disposé il lui répondra simplement: « es selâma » , ou quelqu’autre formule signifiant bonjour. C’est que la première de ces salutations que nous avons traduite parle mot de « salamalec » et qui signifie : « le salut sur vous — sui vous le salut », est la salutation essentiellement musulmane par laquelle le croyant souhaite au croyant sa part de félicité dans l’autre monde : es selâm est en effet le salut

de lame, tandis que es selâma est surtout la sécurité d’ici-bas.

Lui Algérie, les musulmans ont le salâm beaucoup plus facile, cependant, il n est pas rare de rencontrer des fanatiques qui évitent par tous les moyens de le donner à l’européen. Ainsi, en entrant dans une réunion do musulmans où il y a un chrétien, ils diront « es selâm 'ala bel es selâm », plus ou moins intelligiblement, suivant qu’ils auront plus ou moins le courage de leur fanatisme ; ces mots signifient, <x Salut aux gens du salut », c’est-à-dire aux musulmans à 1 exclusion de 1 infidèle (b. D’autres musulmans mâchent les syllabes du selâm et prononcent indistinctement : es sem ru ' alîk , « que le poison soi sur loi » ; il y a aussi des lettrés malicieux qui griffonnent le mot selâm

1 1 ) Cf. pour plus de détails, Damnas « Vie arabe et soc. mus. », p. 74- 75 ; Trumelet, « Fr. d. 1. Dés. », p. 207, n. 1 .

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