LE NOM
les Musulmans, l’accoucheuse, comme le fossoyeur et le tâleb travaillent « fi sabîl Allah », c’est-à-dire « pour la gloire de Dieu», sans avoir droit à aucun salaire. Dans l’orthodoxie musulmane, l’accoucheuse, de même que celui qui a égorgé la victime dans la cérémonie du septième jour, ne peuvent même pas recevoir une partie de la bête sacrifiée, celle-ci ne pouvant en aucune façon servir de salaire, car, de même que la victime sacrifiée à la fête du « âïd el kebîr », elle est en dehors des choses vendables et achetables; cette même victime ne doit même pas servir à un banquet, elle doit être employée en aumônes et le père de l’enfant n’en doit pas manger (b. Dans la pratique, il en est différemment, et l’accoucheuse est généralement, sous formes de cadeaux, l’objet de largesses de la part de ceux qui l’ont employée. En tout cas, le sacrifice d’une victime le septième jour de la naissance est considéré comme obligatoire et il n’est pas de moyen auquel n’ait recours celui qui est pauvre pour pouvoir tuer ce jour- là.
On sait l’importance extrême que les peuples primitifs attachent au choix du nom. Cette importance est également très grande chez les musulmans et on aime à donner des noms de bon augure; le meilleur est naturellement Mohammed et pour pouvoir assurer à un grand nombre d’individus le bénéfice de l’heureuse influence qu’il doit exercer sur la destinée de ceux qui le portent, on s’est ingénié à tirer de la racine hmd, dont il dérive, ainsique « ’ Ahmed », une foule de variantes : Hammou, Hammoûd, Hamdoùch, Hmaïdouch, Hammâmoûch, Hamdi, Hamdâch, etc.... De même, pour les femmes, de Fâtima, on a tiré : Ftoûma, Fâtma, Fâdna, Tâmo, Titem, Ftâtem... et de
(1) Voy. Ibn el Hâdjdj, « Madklial », III, p. 34.