LE NOM
Khadîdja, Khadoûja, Kheddoûja, Khdiouej, Khdâdîj... Un musulman, quel qu’il soit, est toujours flatté de s’entendre appeler Sîdi Mohammed, ou Sîdi 'Abdallah (b. On appelle souvent celui qui naît le vendredi, Boudjem'a et celui qui naît le jour de la fête, Belâïd. Celui qui naît coiffé, reçoit le nom de Mahjoùb et celui qui naît sans lobe de l’oreille, le nom de Mîçoùm ; on peut, du reste, s’appeler Mîçoûm et n’avoir pas cette conformation physique, mais il est courant de nommer de ce nom celui qui naît ainsi constitué. S’il naît deux jumeaux, on les appelle généralement Haçan et Hoeéïn ou, si ce sont deux filles, Fâtima et Khadîdja; s’il y a un garçon et une fille, on choisit le pins souvent Haçan et Fâtima. La naissance de deux jumeaux, au rebours de ce qui se passe chez certains primitifs, où elle est regardée comme un malheur A, est considérée chez nos musulmans comme un heureux présage. Au contraire, la naissance de trois jumeaux est de mauvais augure ; il en est de même chez les animaux, et si une chèvre ou une brebis a trois petits, on en tue un pour conjurer le sort.
Le respect qu’on accorde aux enfants se traduit souvent par les noms dont on les appelle; nous avons déjà signalé l’habitude d’appeler sîdi de tout jeunes enfants; l’euphémisme « mlûïka a , ou « anges », est souvent employé aussi!1 2 3). Les nouveau-nés sont également appelés «mahjoùb)), jusqu’à quarante jours environ, ainsi que nous venons de le voir dans la formule de l’imposition du nom, et il ne faut pas confondre cette appellation avec le prénom de « Mahjoùb »,
(1) Cf Mouliéras, « Maroc Inconnu », II, p. 437 et n.
(2) Yoy. à ce sujet Lubbok, « Orig. de la civ. », p. 28 seq.
(3) Cf Marçais, « Dialecte de Tlemcen », I, 110 et la référence à Fischer.