PROTECTION DES ENFANTS ; SORCIÈRES
dire, les influences malignes, d’origine magique, qui peuvent assaillir les enfants et on a recueilli, à ce sujet, d’innombrables superstitions. Des peuples avancés en civilisation, comme les Égyptiens, avaient pour conjurer ces influences d’innombrables formules et rituels (D. Chez
les Rehâmna, on évite avec le plus grand soin de laisser apercevoir les enfants aux femmes qui sont réputées pour être sorcières ; car il y a encore nombre de ces malheureuses chez les Marocains.
On raconte d’elles qu’elles portent entre leurs épaules, sous leurs habits, un nouet d’étoffe, dans lequel se trouve du sang d’homme assassiné, de la poudre d’os de morts et autres substances maléfiques. Tout enfant sur qui elles attachent leur regard , meurt avant la puberté; il en est de même pour tous les jeunes animaux qu’elles poursuivent de leur influence néfaste, poulains, ûnons , chamelons , etc. . . . Quand la « selihara », la sorcière, a regardé un enfant, il se met aussitôt à pleurer; on le mène de suite chez la « kowwâya » (brûleuse), sorte de contre-sorcière qui, avec un petite tige de palmier nain, lui applique le feu sur le dos et sur le
(1) Yov. à ce sujet Maspéro, in « Journal des Débats », 25 juin
Fig. 86. — Une kowwâya des Rehâmna
( Cliché de l’auteur)