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FÉCONDITÉ

ventre et lui fait, en outre, prendre un remède d). Les mères craignent surtout la « tâb'a », mauvais génie qui poursuit l’humanité de sa haine, dépeuple les maisons et cause mille malheurs, mais en particulier s’acharne après les enfants. La « tâh'a », cause souvent la mort de tous les enfants d’un individu les uns après les autres, jusqu’à ce que ce malheureux parvienne enfin à rompre (c’est le terme employé en arabe), cette série de désastres en allant sacrifier au tombeau de quelque marabout (1 2 3) : il doit avoir bien soin, en tuant sa victime, s’il la tue lui-même, de s’appuyer contre le mur du marabout, sans doute pour mieux se mettre en parfaite communication avec lui.

Une mère, dont les enfants meurent les uns après les autres, ou qui est stérile, emprunte la ceinture d’une femme féconde et dont les enfants sont vigoureux, et porte cette ceinture sur elle ; ce rite vulgaire de magie sympathique est d’ailleurs très répandu dans le MagribO. De même, on évite avec soin de toucher la ceinture d’une femme stérile et si on demandait à la lui emprunter, elle se ferait elle-même un scrupule de la prêter à une mère de famille. C’est dans une croyance analogue qu’à Fez, lors des mariages, il est d’usage d’emprunter pour la mariée des bijoux et des effets

(1) Sur les contre-sorciers, voy. Wellhausen, « Reste d. ar. Heid. », p, L 60 . Les premiers médecins n’étaient que des contre-sorciers.

(2) Sur la « tâb'a », sa légende, les moyens de la rompre, on peut voir Soyoûtî, « Fr- Bah mat », p. 203-209.

(3) « Les Djebaliens ne portent leur burnous que le jour de leur mariage. Chaque hameau a son burnous de noces: il sert à tous ceux qui se marient et il se trouve en dépôt chez un notable de l’endroit ». (Mouliéras, « Maroc Inconnu », II, p. 495-496). N’y aurait-il pas là l’exemple d’une influence bienfaisante exercée par un manteau, que son usage rend plus ou moins un porte bonheur? Cpr Basset, « Nédroma et les Traras », p. 20 et la référence à Gaudefroy-Demombynes donnée dans ce passage.

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