PROTOCOLE VIS-A-VIS DES INFIDÈLES
en arabe, de telle façon qu’il puisse également se lire « semm », poison.
Dans les correspondances officielles;, ce n’est que récemment que les Marocains se sont décidés à donner de temps en temps le salâm aux Européens. On sait que lesletties écrites en arabe portent en général le salâm au commencement et à la fin : autrefois, le salâm du commencement était remplacé par la formule suivante, franchement insolente, ou quelque autre analogue ; « es salâmou ala man itlaba a 1-houdâ », c’est-à-dire ! « Salut à celui qui suit la vraie religion». Aujourd'hui, le makhzen remplace cette phi ase inconvenante par d’autres compliments et félicitations en évitant en général le mot salâm. A la lin de la lettre, il met de même un compliment, rarement le salâm, au lieu qu autrefois la lettre finissait par un mot impoli comme ccintaha», c’est-à-dire « fin», ou « oua t-tamâm », qui a le même sens (È.
Les Marocains sont également très avares du titre de sîdi W et ne le donnent jamais à un chrétien, si élevée que soit sa situation officielle, fut-il même ambassadeur. Le makhzen en effet, dans sa correspondance avec les représentants de l’Europe, a fini, après bien des atermoiements, pai leui accorder le selâm, mais jusqu’ici il leur a toujours refusé le titre de sîdi : il se sert de mots étrangers tels que : senor, caballero, msiou ou même il supprime ce titre. Il en est de même dans la conversation et jamais 1 Européen n obtient le titre de sîdi qui lui est prodigué avec tant de facilité en
(lj Cf. Fumey, « Correspondances marocaines », I, p. 108, 127. Cpi la formule de salutation employée par la papauté dans ses correspondances avec les musulmans, p. ex. Dan, « Hist. Barb. », p. 459.
(2) Nous nous permettrons de renvoyer ici à notre brochure sur : « Les Marabouts », p. 38 seq., au sujet de l’emploi des mots sîdi, sîdna, si..