FÊTE DES SACRIFICES
coutumes spéciales des Zkâra, nous ne saurions conclure quoi que ce soit de cette constatation négative (*).
Des quatre grandes fêtes religieuses musulmanes qui sont naturellement célébrées par les Rehâmna, c’est surtout l’Aïd el Ivcbîr et 'Âchoûra, que l’on appelle « el 'aclioûr », qui présentent quelques particularités intéressantes à signaler. Le jour de la fête des sacrifices, on se rend chez le « fkîh » de l’endroit et là, la plupart des chefs de famille lui remettent leur couteau et des dattes * c’est le fkîh qui aiguise lui-même les couteaux ; puis on fait la prière au « msâlla »,
(1) C’est sans doute à l’existence des Zkâra ou des groupes analogues qu’il convient de rapporter l’assertion contenue dans Serres et Lasram, « Voy. chez les Senoussia », p. 94, n° 1, où il est dit qu’il y a des molazélites au Maroc. — Depuis l’impression de ces pages, M. Mouliéras a terminé sa remarquable étude sur les Zkâra et dans la dernière partie, il déclare que ses plus récents informateurs lui ont dit que les Rehâmna n’étaient pas ai/iliés aux Zkâra. — D’autre part M. Salmon a publié dans les « Archives marocaines », II, p. 258, une notice sur les Bdâdoua du Rarb qui ressemblent complètement aux Zkâra. — 11 y a là un ensemble bien curieux de faits dont il serait peut-être prématuré de vouloir donner une interprétation. Au Congrès des Orientalistes d’Alger, M. Montet a rapproché ces populations des Druses et M. Marçais des Béni 'Adès algériens. Il est a remarquer que tous ces groupes paraissent affiliés à la confrérie de Sidi Ahmed ben Yoùcef de Miliâna, les Béni 'Adès comme les autres. Ces Béni 'Adès, sortes.de «bohémiens» algériens sont répandus dans 1 Algérie, sans former nulle part de groupement cohérent : ils sont généralement maquignons, forgerons, tatoueurs surtout. On les appelle aussi « 'Amriya ». Or, on lit dans le mémoire de Mouliéras que les Zkâra se réclament d’un certain 'Amor ben Slimân, dont la personnalité reste très indécise. Il est d’autre part établi que les disciples de Sîdi Ahmed ben Yoùcef ont souvent été considérés comme hérétiques (Cf Ibn 'Asker, «Daouhat en-nâchir», p. 90; Ahmed ben Khâled, « Istiksâ », III, p. 23 [hérésie des Cherrâka]). — - D’autre part, d’après Mouliéras, il y aurait des groupes analogues dans les Châouia, qui sont, nous le savons venus de Tripolitaine et au dire de certains auteurs musulmans kharedjites d’orig-ine. Cf supra, p. 4, n. 1.