‹ MerrâkechChapitre 22 sur 223 · SÎDI · texte numérisé non relu

SÎDI

Algérie h). C’est qu’en effet., le mot « sayyid » (1 2) est au Maroc, comme en Orient, un titre essentiellement religieux : on ne 1 applique, du reste, en dehors des saints, qu’à des musulmans respectables ; son sens propre est «monseigneur». L’expression « sîdna » (3), « notre Seigneur », désigne au Maroc le sultan ; en Algérie on en fait un usage beaucoup plus étendu et on l’emploie même dans le langage courant en s’adressant à tout personnage honorable. L expression « si » correspond à peu près à notre « monsieur » : elle est surtout donnée aux personnes ayant quelque instruction et elle accompagne toujours le nom des

(1) Les musulmans abâdites du Mzâb refusent le tiire de sîdi à quiconque n'est pas de leur secte, même aux musulmans orthodoxes. Cf Masquera y, « Chronique d’Abou Zakaria », p. XXIII : « Si les impies exigent qu’il les appelle « Siedi » ou « Saada », « Monsieur », « Monseigneur », et le menacent de la ruine et de la mort, il peut céder ; autrement il tombe lui-même dans l’impiété quand il leur décerne ces titres réservés aux seuls musulmans. ... Pourquoi un de leurs savants m’a-t-il dit, en répondant à mon salut, « Sidi » avec un i bref, au lieu de « Siedi »? Parce que « Sidi » en arabe littéral et peu connu, signifie chacal, tandis que « Siedi » signifie mon maître ». Le mot « sîd » signifie, en effet, chacal, tandis que seigneur se dit « sayyid » ; mais il nous semble difficile qu’on puisse faire la distinction des deux mots dans l’arabe vulgaire, car, « monseigneur », en arabe régulier « sayyidi » se prononce toujours nettement « sîdi » et l’i est long dans les deux cas. En tout cas, il demeure certain que les savants du Mzâb se plaisent à jouer sur ces deux mots par mépris pour les infidèles.

(2j En Arabie, « es-sâdât », pluriel de « sayyid », sont les descendants de Mahomet par Hocéin et « el ’achrâf », pluriel de «chérif», comme « chorfa », sont les descendants du Prophète par Haçan ; toutefois cette distinction est surtout faite dans le Sud. Cf Cte de Landberg, « Arabica », Y, p. 68. Voy. encore, sur l’emploi de ces deux mots en Orient, Garcin de Tassy, « Mémoire sur les noms propres musulmans, etc... », p. 82-83.

(3) Sur 1 application de ce mot à des saints et même à des docteurs plus ou moins réputés, cf Max Yan Berchem, « Corp. inscript, arab » p. 38, 237.

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