LA « F ARA JA
de le tuer à coups de fusil et de sabre. On donne aux acteurs de cette mascarade de la viande ou même on leur tue un mouton. La farâja et Bou Jloûd ont lieu pendant toute une semaine (b.
Au « 'achoûr » chacun prend une « ta'arîja », ou petit tambour de basque et en joue ; on fait des feux avec du bois et on s’amuse à sauter par-dessus : c’est la « cba'âla ». En même temps on chante :
« Ah ya 'achoûr, jâou lkhêttâb fi bniyîtek, ta'tîha oulla lâla — Jâb elhenna, jâb ettômer, jàb leblâri ziouâni — Ah defnoûh fi regguiya béïda ou nkiya — Heznou 'alîli chchorfa, hatta lemkhazniya — Ah ya baba 'achoûr, hellît ’alîk cha'oûri — Çfuedd hbâl ejjerâra, guedd trîk essouwwâga — Hâss legorâb ikâki foûg ourgâna — Hàdi mhaltek, ya 'achoûr, lhatta hadna ».
« 0 'achoûr, on est venu demander ta fillette en mariage, la donneras-tu ou non? — Il a apporté du henné, il a apporté des dattes, il a apporté des bclra en cuir jaune (dit ziouâni). — Ah ! on l’a enterré dans un endroit dénudé, blanc et propre. — Les chérifs l’ont pleuré et même les mkhaznis (~). — Ah ! Baba 'Achoûr, pour toi j’ai dénoué mes cheveux (en signe de deuil) — (mes cheveux qui sont) comme des cordes de poulie, comme des chemins où l’on mène des bêtes au marché. — Le corbeau croasse sur l’arganier (1 2 3). — C’est là ton armée, ô 'achoûr, qui campe près de nous ».
(1) Nous les étudierons plus complètement dans le chapitre sur Merrâkech.
(2) Nous verrons que les mkhâznia prennent le deuil à la fête de 'Achoûra.
(3) Il n’y a pas d’arganiers dans les Rehâmna ; ce texte se rapporte donc vraisemblablement à l’époque où les Rehâmna vivaient dans le Soûs, pays de l’argan. Cf supra, p. 311-312.