‹ MerrâkechChapitre 219 sur 223 · LA CRISE DU « TERTÎB · texte numérisé non relu

LA CRISE DU « TERTÎB

plus mettre le pied dans leur caïdat. ou, s’ils y résident, ils s’enferment dans leur kasba. Gomme conséquence, le bienêtre des populations a immédiatement augmenté 5 délivrées de l’horrible oppression qui pesait sur elles, elles ont repris confiance ; les cultures se sont élargies , çà et là des constructions se sont élevées, mais non toutefois chez les Rehâmna, qui sont essentiellement pasteurs ; partout cependant les silos se sont remplis, les marchés sont devenus florissants. Le prix des chevaux, des selles, des armes, s est élevé rapidement, car toutes ces choses qui sont le luxe des indigènes étaient demandées de tous côtés; au contraire, le mouvement des exportations s’est arrêté. Le fellah n étant plus affamé et perpétuellement en quête d’argent pour satisfaire l’insatiable cupidité de son caïd, s’est mis à faire des provisions et à thésauriser : le commerce européen a ressenti vivement le contre-coup de cette nouvelle attitude et, voyant diminuer tes exportations, il s’est plaint. Mais les populations marocaines du Hoûz sont dans la joie et la plupart maintenant bénissent le nom du sultan qu’elles maudissaient il y a quelques années ; beaucoup se figurent de bonne foi qu'ils 11e payeront plus jamais d’impôts d). En réalité, la situation du makhzen est devenue fort critique : le revenu des douanes , puis l’emprunt ont pu suffire à alimenter le budget pendant quelque temps, mais la contribution des campagnes était trop importante pourqu on put s’en priver. Au Maroc, en effet, les citadins 11e payent que très peu d’impôts, et ce sont les campagnes qui supportent presque uniquement les charges fiscales. Le gouvernement sera donc, tôt ou tard, amené à rétablir les impôts et comme l’habitude de ne pas les payer se prend facilement, il

(1) Telle était la situation en 1903-1904.

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