‹ MerrâkechChapitre 220 sur 223 · VIE DES GRANDS CAÏDS · texte numérisé non relu

VIE DES GRANDS CAÏDS

est à craindre qu’il n’ait précisément quelque peine à la rétablir* à l’heure où nous écrivons ces lignes, une colonne se met justement en marche pour parcourir le Hoûz à cet effet. Il faudra restaurer l’autorité des caïds et on peut redouter que ceux-ci, pour se dédommager de la longue éclipse de leur puissance et pour refaire leur patrimoine ébréché (car si les contribuables ne payent plus, le makhzen a toujours des exigences), ne recommencent à se livrer à leurs anciennes exactions.

La vie des caïds dans leur casba, à côté d’une zaouia le plus souvent, a rappelé à quelques-uns des auteurs qui ont écrit sur le Maroc, la vie des seigneurs féodaux ; Si Àïça ben Omar, dans la forteresse des 'Abda, qui est comme une petite ville, entouré d’une véritable cour, chassant au lévrier et au faucon, s’absentant périodiquement pour aller au makhzen, est apparu aux yeux de certains, comme un châtelain du Moyen-Age. Cette thèse tend à se répandre et il est à prévoir qu’on la généralisera et qu’on l’étendra à la région insoumise du Maroc * on remarquera qu’il y a là, dans le Sud de l’Empire, de petits royaumes indépendants, des grands chefs à caractère religieux, des groupes de population qui payent régulièrement tribut à d’autres et, de là, à prétendre que l'état social du Maroc a un caractère féodal, il n’y a qu’un pas. Nous croyons cependant qu’on se tromperait en le franchissant et il est bon, dès maintenant, de marquer les différences qui font que selon nous, il n’y a rien de commun entre la féodalité et l’état social du Maroc.

L’état féodal nous offre le spectacle d’uue étonnante mosaïque de fiefs de toute importance et d’un enchevêtrement inextricable de droits et d’obligations ; rien d’analogue an Maroc, même en pays insoumis : dans le Drâ, cependant, des groupements plus ou moins considérables

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