LE SANGLIER
dure sombre, el cette grande crucifère blanche aussi, dont nous avons parlé déjà, élance sa longue tige et pousse sa fleur jusqu’au-dessus de la broussaille.
On pense bien qu’un pareil fourré doit être fréquenté par les sangliers ; ils y sont, en effet, très abondants, et les Européens de Casablanca se donnent souvent rendez-vous à Souâlem pour y faire des battues (b ; les indigènes le chassent également pour le vendre aux Européens, car on sait que les prescriptions de la loi musulmane leur interdisent cette viande; le porc et le chien (1 2) sont pour les mahométans deux animaux essentiellement impurs. Pourtant, ces prescriptions sont loin d’être rigoureusement observées au Maroc car, si les Châouia de la région qui nous occupe
(1) Le sanglier du Nord de l’Afrique est un peu plus petit que celui de France, mais il n’y a pas de différences spécifiques entre les deux. Sur la chasse au sang-lier au Maroc, les récits souvent nn peu romanesques de Sir G. Drummond Hay sont classiques, entre autres : « Réminiscences of Boar-Hunting in Morocco », in « Murray’s Mag. », 1888, mars et avril. Pour le même sport en Algérie, voy. Henri Béchade, « La chasse en Algérie », p. 34-58.
(2) Sur le chien dans l'Islam, voy. Goldziher dans « R. H. R. », XLIII, 1901, p. 17 seq. Les Almoravides tournaient leur fanatisme même contre les chiens qu’ils exterminaient sans pitié, d’après El Bekri, « Afr. sept. », trad. de Slane, 366. Bien que le chien soit pour le musulman une bête immonde comme le porc, cependant la viande de chien comme la viande de porc est consommée ça et la par les indigènes. En Algérie, c est surtout du côté de Bou Saada que l’on mange du chien ; on consomme la viande de petits chiens bien gras. A Jerba, en Tunisie, on mange aussi la viande de chien (Dr Bertholon, dans « L’Anthropologie », 1897, p. 560; et dans « A. F. A. S. », 1896, lre part., p. 207). Il en était de même jadis à Sidjilmaça (Bekri, trad. de Slane, 330 ; Idrîci, trad. Dozy et de Goeje, 70). Cf encore Berbrugger, « Voy. de Moulaye Ahmed », p. 290-291; Jus, ap. de La Mart. et Lacroix, «Documents», III, 336; Goldziher, « Almohades », in Z. D. AI. G., XLI, p. 40, n. 4; Largeau, « Sahara algérien », 79-80.