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LES GAZELLES

troupeau, dans une écurie est de nature à écarter les épizooties (b, et il n’y a là qu’un cas particulier du transfert du mal d’un être vivant à un autre être vivant, transfert dont la possibilité est admise par tous les peuples sauvages et qui est l’élément fondamental d’une grande partie de leurs rites magiques et religieux (1 2) : on pourrait donc supposer que la domestication d’un jeune sanglier et son admission dans les intérieurs n’a ou au moins n’avait primitivement d’autre but que de dériver sur le plus vil des animaux le mal qui pourrait fondre sur la maison (3).

Il n’y a pas dans les Cliâouia que Souâlem en fait de champ d’exploit pour les chasseurs, tout leur territoire est en général giboyeux. Si l’autruche qui, d’après El Idrîci existait jadis dans ces régions (4) en a disparu totalement, il reste, comme gros gibier, la gazelle, qui est très abondante : dans les Zyâïda, dans les Oulad ben Dâoûd et les Béni Meskîn on voit des troupeaux de gazelles de cent cinquante à deux cents tètes ; la gazelle des Béni Meskîn a les cornes arquées (5) et ne descend pas vers le bord

(1) Ce fait est attesté par de nombreux auteurs, entre autres Host,

« Nachrichten von Marokos und Fes », trad. allem., p. 294 ; Quedenfeldt, loc. cit. ; Leared, « Morocco and (lie Moors », p. 297 ; Mouliéras, « Fez », p. 104 .

(2) Voy. Tylor, « Civilisation primitive », II, p. 192, et surtout Frazer, « Golden Bougli », p. 13 secp: le cas du sanglier au Maroc y est mentionné d’après l’autorité de Leared, loc. cit.

(3) Est-ce pour cela que dans la province d’Oran on appelle le porc Bou Selâma, le « père de la sécurité » ? (Delpliin, « Textes», p. 93). Diégo de Terrés, « Relation des Chérifs », p. 319, rapporte que les Marocains, s’ils rencontrent un sanglier, en tirent un présage heureux.

(4) El Idrîci, trad. Dozy et de Goeje, p. 82.

(5) C’est sans doute la gazelle de montagne, le « ledmi » des Algériens ; elle est plus grosse que l’autre et ses cornes sont recourbées en arrière. Elle est ainsi décrite par le Dr P. Marès auquel on doit toute la partie scien-

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