‹ MerrâkechChapitre 3 sur 223 · LE LAME SNA. ACTUEL · texte numérisé non relu

LE LAME SNA. ACTUEL

Actuellement tous les anciens noms ont disparu ; cependant il y a encore dans les Cliâouia une tribu de Zenâta (b et une fraction de Kholt (aujourd’hui Khlot ou mieux Lekhlôt, avec l’article) (1 2). Quant au nom de Tâmesna, peu connu des Européens, il est cependant toujours usité ; mais les indigènes le prennent dans un sens plus restreint que ne le faisaient les anciens auteurs. D’après eux le Tâmesna ne comprendrait que le territoire des quatre tribus suivantes : Oulâd Bou Zîri, Mzâmza, Oulâd Sîdi ben Dâoùd, Oulâd Sa'id; en outre le mot Tâmesna désignerait le sol et non le peuple. Effectivement on ne dit pas : « un Tâmesni », alors qu’on dit « un Châoui », mais nous savons que presque tous les noms géographiques ont commencé par être des ethniques, et le mot Tâmesna lui-même confirmerait cette règle s’il était vrai qu’il correspondît aux Maxavvros, de Ptolémée et aux Macenites d’Antonin : Caret te pensait ainsi (3), mais les archéologues préfèrent identifier ces mots avec le nom de la tribu des Miknâça (4 5). L’identification des Baxouàxoa ( Baccavates de l 'Itinéraire) avec les Bergouâta parait plus certaine, mais ce nom semble avoir disparu définitivement avec le peuple qui le portait (R). Cependant

(1) I3e Foucauld, « Reconnaissance », 264; AVeissgerber, « Et. géog. sur le Maroc, I. Chaouia », 437; Quedenfeldt, «Population berbère au Maroc », trad. Simon, « Rev. Afr. », 1902, 264 n.

(2) De Foucauld, « Reconnaissance », 263 ; Quedenfeldt, loc. cit. (El Cbelôt, orthographe allemande). Cette fraction de Lekhlôt, n’est d’ailleurs pas mentionnée par Weissgerber, non plus que la tribu des Oulâd Mhammed à laquelle elle appartient.

(3) Carette, « Migrations des trib. alg. », 129.

(4) Tissot, « Mauritanie Tingitane», 174. Quedenfeldt, op. laud., « Rev. Afr. », 1902, 85, suit Tissot mot pour mot.

(5) Il y en avait encore au milieu du XIIe siècle : cf. Çartâs, éd. Tornberg, 167; Beaumier, 271. Idrîci les mentionne encore comme existant de son temps, concurremment avec des Zénètes : or il écrivait à la même époque. Cf El Bekri, « Descr. Afr. », 81.

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