GIBIER DANS LES CHAOUIA
perdrix rouge, la caille, la bécassine sont les coups de fusil ordinaires des chasseurs; une pièce très recherchée est la grande outarde que les indigènes nomment « liber » (b et dont le poids varie entre douze et dix -huit kilos. Il faut encore noter un oiseau très semblable à notre coq do mars, de la taille d’une grosse grive avec une jolie crête sur la tète; les Arabes l’appellent: « kouba’ en Nsâra » (1 2) et ils attribuent à sa viande des vertus curatives importantes : ils prétendent qu’elle guérit « lebraç » c’est-à-dire une maladie qui produit des taches blanches mais qui, disent-ils, se distingue de la lèpre, « jdein », « ijdâm », en ce qu’elle n’attaque pas comme elle les chairs jusqu’aux os : c’est quelque chose d’analogue à ce que notre médecine appelé le vitiligo (3 4).
Voici que la fâba a cessé : nous avançons maintenant dans les champs de « rtem », et sous les rayons du soleil de huit heures, ces champs ont des teintes splendides. Le sol est rouge, constellé de pierres blanches ; à perte de vue Les touffes de rtem qui s’élèvent à la hauteur d’un cavalier, agitent à la moindre brise leurs longs et lins rameaux, minces comme des joncs, soyeux et brillants; entre ces touffes, la férule, presque aussi haute, érige des ombelles jaunes au sommet de ses tiges épaisses, mais creuses, (Ferula communls en arabe « kelkh »), pendant qu’au ras du sol
(1) C’est la « hbâra » des Algériens, la « Hubara undulata » des naturalistes (Cf. «Expi. Scient. Alg\ », Ct Loche, « Oiseaux », II, p. 254).
(2) Je ne sais à quelle espèce zoologique elle correspond.
(3) Ci. Raynaud, « Et. s. l’hyg. et la méd. au Maroc », p. 146. En Orient « djoudâm » est l’éléphantiasis.
(4) Sur la férnle en Afrique et chez les Arabes, cf. Fischer, « Z. Wortton in Marokk. », p. 285, 1. 8 d’en b. et les références qu’il donne. On pent