DAR EL HÂJ.7 KACEM
le Cerinlhe étale ses bractées violettes à côté des plaques d 'Anagallis aux corolles d’un rouge éclatant. La route est très fréquentée ; à chaque instant nous croisons des caravanes : on passe à côté l’un de l'autre sans se saluer, avec la plus grande indifférence, je parle, bien entendu, des musulmans, la position d’un chrétien étant à cet égard, comme nous le disions plus haut, tout à fait spéciale. Nous traversons l’Oued el Fowwâra, où coule un peu d’eau, et à 9 heures nous sommes à Ain Houirra, source près de laquelle se trouve une haouîta, c’est-à-dire le sanctuaire d’un marabout à ciel ouvert, entouré d’un mur d’enceinte peu élevé.
C’est par ici que se trouve la limite des Châouia : nous sommes maintenant dans le pays des Chiadma. Plus de râba, mais de belles cultures de céréales, de henné et surtout de maïs qui recouvrent partout une terre noire et, paraît-il, très féconde. Les Chiadma que nous traversons sont probablement une fraction de la grande tribu du même nom qui se trouve au nord de Mogador et dont nous reparlerons à la fin de cet ouvrage : cette fraction est venue se fixer par ici à la suite de tribulations que nous ignorons.
A 9 h. 45m, nous sommes à Dâr el Hâjj Kâcem, qui est la casbaà moitié ruinée d’un ancien caïd. Le Maroc est parsemé des ruines des maisons de caïds (b : ces fonctionnaires, nous aurons l’occasion d’y revenir, ont généralement une fin misérable. Leur révocation est toujours accompagnée, sinon de leur emprisonnement, au moins de la confiscation
ajouter à celles-ci Leclerc, « Kachef er-roumoûz », p. 199 ; Foureau, « Noms arabes et berb. deqq. pi.», p. 25, s. v. «kellekh» ; Weissgerber, «Chaouia», p. 44t ; id . , «Trois mois de campagne au Maroc », p. 96, 214 ; Doutté, «Texte oranais », in « Mém. Soc. Lingu. », XII, p. 365-366.
(1) Cf. dans Weissgerber, « Trois mois de campagne au Maroc », p. 43, des détails sur la démolition de la maison d’un caïd des Châouia.