LES CAS BAS RUINEES
de leurs biens. Dès que l’arrestation est effectuée, des « mkhâzni » ou cavaliers du maldizen viennent fouiller de fond en comble la maison de l’ex-fonctionnaire, enlever les carrelages, démolir les murs dans l’espoir de découvrir quelque trésor ; la famille, réduite à la misère, se disperse pour chercher des moyens d’existence, et la casba abandonnée continue à dresser ses murs désolés que chaque jour fait plus croulants. Le nouveau caïd, même s’il réside au même endroit,
n’habite jamais la casba de son prédécesseur ; jamais il ne la fait restaurer : cela serait de mauvais augure pour lui et il n’est pas rare devoir l’une près de l’autre trois ou quatre anciennes casbas de caïds ruinées. Cette répugnance à restaurer et à habiter la maison ruinée d’une victime de l’adversité n’est nullement du reste spéciale aux caïds, et le Maroc est couvert d’habitations abandonnées, ce qui a souvent
Fig. 8. — Dâr el Hâjj Kâcem
( Cliché de M. Urines)