‹ MerrâkechChapitre 35 sur 223 · COMPLEXITE DE LA TRIBU · texte numérisé non relu

COMPLEXITE DE LA TRIBU

emmêlé que l’on puisse imaginer. Aussi lorsqu’on étudie la composition d’une tribu, on trouve invariablement qu’elle doit être représentée, non pas comme le font les Arabes sous la forme d’un arbre généalogique parfaitement régulier depuis l’ancêtre éponyme jusqu’aux moindres familles actuelles, mais bien sous celle d'un tronc primitif souvent complexe lui-même qui a, d’une part, reçu du dehors d’innombrables greffes et perdu, de l’autre, quantité de rameaux. Cette complexité, qu’on perd trop souvent de vue, n’avait pas échappé à un esprit aussi distingué qu’Ibn Khaldoûn (b.

Les koubbas deviennent de plus en plus nombreuses, et il en sera ainsi jusqu’à Azemmoûr ; il y en a des groupes de quatre ou cinq, et à l’endroit dit Tellâl où nous arrivons à midi et demi, il y a un grand kerkoûr au milieu du

Tellâl et son « kerkoûr »

(Cliché de Vcrnlcur)

Fig. 10. —

chemin : c’est laque nous faisons halte, auprès d’un puits, dont l’eau est fort mauvaise.

A une heure et demie nous sommes de nouveau en route

(1) Ibn Khaldoûn, « Prolégomènes », I, p. 273.

LES « DCHKR »

an milieu de ee riche pays des Chtoùka, très habité et très cultivé. Les coupoles blanches des marabouts continuent à se succéder; souvent un nid de cigogne est établi sur le sommet et l’oiseau, marabout lui-même, disent les Marocains, se tient au-dessus du tombeau du saint, sur une patte, dans une pose hiératique. On commence à voir des «nouâla», sorte de huttes cylindro-coniques dont l’aspect soudanais a été maintes fois signalé; à Sidi Fâres où nous

Fig. il. — Sîcli Fâres et Sidi Abdel‘azîz

( Cliché de l’auteur)

sommes à deux heures trois quarts, elles sont assez nombreuses et elles font quelque contraste, par leurs allures primitives avec les deux marabouts crénelés, à coupole hémisphérique, blanchis soigneusement à la chaux, qui sont l’orgueil du village ou « dcher » . C’est ce dernier mot qui est le plus employé au Maroc pour désigner les villages de sédentaires ou de demi-nomades. En Algérie, on dit « dechra » ; dans les deux cas le pluriel est le même : « dclioûr », rarement « mdâcher ». Le mot « médita » désigne l'endroit où l’on passe l’hiver : par extension, on l’emploie, en Petite Kabylic, par exemple, pour désigner un village de gourbis ou de maisons ; « zrîba» est l’enceinte de jujubier ou au tres broussailles épineuses qui entoure un douar, mais, également dans la petite Kabylie, il est souvent

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