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LES MARABOUTS

synonyme de village. Le mot « douar » désigne toujours des tentes campées en cercle, mais l’administration française en a considérablement étendu le sens en Algérie, désignant ■sous ce nom des fractions de communes mixtes souvent découpées arbitrairement, qu’il s’agisse d’ailleurs de nomades ou de sédentaires ; il y a eu là, semble-t-il, quelque confusion.

Quant au mot marabout, en arabe vulgaire « mrâbêt », il est, on le sait, employé dans la plus grande partie du Magrib et même jusqu’à Alexandrie (U, pour désigner un saint: par extension, on s’en sert aussi pour le sanctuaire qui abrite la dépouille d’un saint. Mais au Maroc, ce mot est d’un usage beaucoup moins général, on se sert surtout pour désigner un marabout quelconque du mot « siyyed », qui s’applique également aux édifices contenant les restes d’un santon. Quant au mot « mrâbêt », il désigne principalement les saints autres que les chérifs (on sait que la qualité de chérif est attribuée à ceux qui passent pour descendre du Prophète) ; de plus, le terme de «mrâbêt», tel que l’emploient les populations marocaines dont nous nous occupons dans ce volume emporte avec lui une idée d’hérédité de la sainteté et de transmission de la « baraka » ou faveur divine attachée au marabout. Les descendants d’un saint non chérifs, lorsqu’ils arrivent à former une zaouia, sont par excellence des « marabouts». 11 y a ainsi des zaouias de chorfa et des zaouias de mrâbtîn, et ces deux séries d’établissements n’ont ni les mêmes caractères, ni les mêmes tendances. Un saint isolé est aussi appelé « mrâbêt » et peut

(1) Lane, « Modem Egyptians », p. 238. En matière religieuse, il faut considérer avec Hartmann, le Magrib comme s’étendant jusqu’auprès d’Alexandrie (Martin Hartmann, « Ans d. Religionsleben der lilrysch. Wüste », in « Arch. f. Rel.-Wiss. » ; Edmond Doutté, « Marabouts », p. 33.)

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