‹ MerrâkechChapitre 38 sur 223 · LES TAS DE LIERRES SACRÉS · texte numérisé non relu

LES TAS DE LIERRES SACRÉS

s’est mis à invoquer Moùlaye Bou Cha'îb, s’approche du bois, réunit ensemble quelques-uns des rameaux jonciformes du rtem et les noue : la plupart des autres rameaux sont déjà ainsi noués. C’est une coutume qu’à l’approche d un sanctuaire , lorsqu’on fait un vœu, on noue en même temps, si c’est possible, quelques-unes des branches des arbustes voisins : en Algérie cela se fait, paraît-il, avec de l’alfa ou du diss, ici le rtem est particulièrement favorable à cette pratique, et il n est guère de marabout aux environs desquels on ne fasse de tels nœuds, dès que cette plante y croit. Il y a aussi, suspendus aux rtems près desquels nous passons, d’assez nombreux chiffons suivant une pratique analogue à la précédente et qui est universellement répandue. Enfin c’est encore l’habitude pour demander une faveur à un saint d ajouter une pierre au kerkoùr sacré du marabout, comme celui qui dans quelques instants va se dresser devant nous. L’approche de Moùlaye Bou ( Jia'îb est en effet signalée par un de ces tas de pierres dont nous avons déjà parlé : mais celui-ci est de grandes proportions et peut être considéré comme classique. Dans tout le Maroc méridional, nous verrons d’ailleurs, les pierres jouer dans la religion un rôle considérable et, afin de ne pas fatiguer le lecteur par des redites, nous allons rassembler ici, une fois pour toutes, les principales observations que nous avons faites à ce sujet dans tout le cours de notre voyage, en essayant de les relier entre elles.

Page 1