THÉORIES DES SOCIOLOGUES
pierres aux marabouts y est également beaucoup moins habituelle que dans le sud du Maroc, sans y être toutefois inconnue. Notons enfin, qu’un peu partout, on jette souvent sur les kcrkoùr ou sur les tombes de saints, des branches d’arbres, des bâtons, concurremment avec des cailloux, ou encore on plante des bâtons dans les tas de pierres sacrés ou sur les tombes (fig. 14 et 25).
Nous venons de décrire les faits et d’exposer les explications qu’en donnent sur place les indigènes, nous pouvons maintenant nous demander quel est le sens de tous ces rites et quelle en est l’origine, mais nous devons d’abord remarquer que des rites analogues ont été observés chez la plupart des peuples du monde et qu’ils ont déjà été étudiés par des savants autorisés.
Plusieurs explications en ont été données. D’après la plupart des ethnographes et des folkloristes , d’après Liebrecht et Andree, qui ont consacré des mémoires spéciaux au jet de pierres (b, il faudrait voir là l’expression d’un sacrifice, d’une offrande aux dieux, aux génies, aux âmes des morts ; dans certains cas spéciaux, dont les jets de pierres prescrits au cours des cérémonies du pèlerinage à la Mecque sont le type, le rite symboliserait la malédiction qui pèse sur une divinité abandonnée ou le mépris dont on accable un homme qui a commis quelque forfait (2). D’après
(1) Liebrecht, « Zur Volkskunde », p. 207, seq. : Die geworfenen Steine ; Andree, « Ethnog. Parallelen », p. 4(5 seq. : Steinhaufen.
(2) Tout récemment, M. Chauvin, pour expliquer le jet de pierres, à Mina, a formulé une nouvelle théorie qu’on peut appeler la théorie juridique. Ce rite serait « un acte par lequel les tribus empêchent chaque année, pour l’année suivante, toute appropriation des terrains que l’usage