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JET DE PIERRES DANS LES COLS

cil, dirait un Romain)...., il jette une pierre comme il cracherait » (h.

C’est la seule explication qui en est donnée chez les peuples primitifs. Lorsque le sauvage, après une montée de quelques milliers de mètres, arrive dans un col élevé, les membres las et les tempes battantes, la fin de la montée lui cause ce soulagement instantané que tout le monde a éprouvé, et il rapporte ce soulagement au rite du jet de pierres ; ainsi s’explique que, dans l’univers entier, ces cairns soient surtout abondants dans les cols hauts et fréquentés, et, par ailleurs, le long des chemins et des carrefours (1 2). Ce sont les mergama des Proverbes (3) que la

(1) Salomon Reinach, « in Anthropol. », 1903, p. 227. Quoique le détail des comparaisons avec les rites observés chez les sauvages, soit tout-à-fait en dehors de notre cadre, nous ne pouvons résister au plaisir de citer le passage suivant d'un voyageur dans f Amérique du Sud: « — A une lieue d’Imachiri, nous passâmes devant un apacheeta contre lequel un Indien et sa compagne, qui conduisaient un troupeau de lamas, venaient de lancer, en manière d’offrande, la chique de coca qu’ils avaient dans la bouche. Celle façon de remercier Pachacamac, le maître omnipotent et invisible, d’être arrivé sans accident au terme du voyage, nous a toujours paru aussi

originale que dégoûtante . Le mot apacheeta que l’on ne saurait

décomposer, mais que l’on peut traduire, signifie dans l’idiome quechua, « lieu de halte ou de repos ». Les cimetières portent chez les Indiens le nom d’apachecta. Quant à la chose, elle se compose, dès le principe, d'une poignée de cailloux qu’un chasqui, arriero ou conducteur de lamas, qui passe et s’arrête un moment pour reprendre haleine, dépose au bord du chemin, non pour perpétuer le souvenir de la halte qu’il vient de faire, mais comme un tribut de gratitude qu’il paye ostensiblement à Pachacamac, maître et créateur de l’univers. Avec le temps, la poignée de cailloux devient une pyramide de huit à dix pieds de hauteur... etc. ». (Paul Marcoy, « Voy. de l’Oc. Ail. à l’Oc. Pac. à tr. l’Ain du S. », dans «Tour du Monde », 1892, 2esem., 277).

(2) Voiries références dans le « Golden Bough », loc. cit.

(3) Proverbes, XXVI, 8. Malheureusement le sens est obscur. Reuss

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