NŒUDS AUX BRANCHES DES BUISSONS
lion musulmane : le « menzeh » (b est devenu l’endroit où un cadavre a été purifié suivant les rites musulmans ; quant au « mechhed », mot qui signifie simplement témoignage, on le rapporte volontiers au souvenir d’un martyr, «chahîd», comme nous l’avons expliqué (1 2) : nous sommes de nouveau ici sur la pente du maraboutisme, un martyr étant évidemment en bonne posture pour être sanctifié. Une trace cependant des croyances antiques subsiste : c’est la crainte respectueuse que l’on semble avoir des mechhed; il ne faut pas oublier que, suivant les croyances que nous venons d'exposer, la pierre dans laquelle on a concentré le mal pour le rejeter avec elle est ensuite susceptible de redonner ce même mal.
L’interprétation donnée parFrazerdu rite qui nous occupe en explique donc suffisamment les origines et les détails que nous venons de donner en ce qui concerne le Maroc viennent encore la confirmer. Un autre argument en faveur de la théorie est fourni par la présence fréquente auprès des marabouts de nœuds faits aux arbres environnants.
Chaque fois qu’il y a auprès du sanctuaire d’un saint, des arbres ou des arbustes qui se prêtent à cette opération, on trouve leurs rameaux noués par les visiteurs : les rtems sont particulièrement dans ce cas.
(1) Nous ne pensons pas non plus qu’il soit prudent d’arguer de la signification de la racine du mot menzeh, « nazaha », « se préserver de quelque chose » pour soutenir que le sens original du rite est le transfert du mal.
(2) Une autre tendance actuelle que l’on peut constater aussi est de faire simplement du mechhed un monument commémorai if et du jet de pierres la marque du souvenir accordé au mort par le passant. On enlève ainsi au rite son caractère païen sans lui donner de teinte religieuse.