CHIFFONS ACCROCHÉS AUX ARBRES
quelque arbre à branches flexibles, on se débarrasse de la fièvre, de la goutte, etc... (b.
Ce n’est là d’ailleurs qu’un cas particulier du transfert des mauvaises influences dans les arbres, pratique qui a été constatée non seulement dans de nombreux pays d’Europe (1 2), mais à laquelle il faut encore rapporter la coutume générale, dans le monde entier, qui consiste à suspendre à certains arbres réputés sacrés les objets les plus variés, cheveux, laine, crin, etc..., mais principalement des chiffons. Or ces sortes d’arbres sont répandus auprès de tous les marabouts du Maroc, comme d’ailleurs dans tout le monde musulman (3). Il y a longtemps queBurton a exprimé l’avis que ces
(1) Voy. les références dans Frazer, G. B., III, 28 seq. Cf Mannhardt, « Baumkultus », 15 seq.. 20, 22. Naturellement, cette explication spéciale des nœuds faits aux arbres n’exclut pas les fonctions variées que les nœuds jouent dans les religions primitives et dans toute magie. Voir à ce sujet Frazer, op. laud., 392 seq. D’après Trumelet, « Les Français dans le Désert », p. 162, les indigènes du Tell de l’Algérie qui partent en voyage, feraient un nœud au « diss », graminée à feuilles liantes et robustes, pour éprouver la fidélité de leur épouse pendant leur absence : ils croient, paraît-il, que si le nœud est défait à leur retour, ils ont été trompés ; s’il est resté, la fidélité de leur femme leur est ainsi démontrée. Il serait bon de réobserver cette coutume qui était déjà connue dans l’Arabie antéislamique. Cf Perron, « Femmes arabes », p. 261.
(2) Tylor, Mannhardt et Frazer, loc. cil., ont donné de nombreuses indications sur les rapports delà maladie avec le végétal, tels que les conçoivent les primitifs. Sans doute, l'bistoire rapportée par le derviche dans Mouliéras, « Maroc. Inconnu », II, p. 56, est le récit altéré par l’informateur de pratiques analogues à celles qui nous occupent.
(3) Cf Clermont-Ganneau, « Palestine Inconnue », p. 54 ; Jules Soury, « La Phénicie», in « Rev. desD.-M. », 1875 ; R. Smith, « The Rel. of the Sem. », p. 169; Wellhausen, « Reste ar. Heid. », p. 104; L. Jacquot, « Les M’rahane », in « L’Anthrop.», II, 1889, p. 47-48 ; Robert, op. laud., p. 176 ; Villot, « Mœurs, coût, et inst. des ind. de l’Alg. », p. 217 ; Depont et Coppolani, « Conf. rél. Alg. », p. 116; Goldziher, « Muh. Stud. », II, p. 349 seq., etc....