EX-YOTO AUX SANCTUAIRES
que nous avons vu employer pour les tas de pierres et pour les arbres à chiffons (b.
L’analogie entre le rite des pierres jetées sur les kerkoûr ou apportées auprès des tombeaux et celui des chiffons suspendus aux branches d’arbres est tellement étroite que; de
même que les pierres peuvent être placées sur une branche d’arbre, ou amoncelées en tas sacré ou posées sur les murs du marabout, de même lorsqu’il n'y aura pas d’arbres pour suspendre les chelâlig, et même s’il y en a, on noue les chiffons partout où l’on peut autour du sanctuaire (1 2) ; on les accroche à la porte ( zaouïa de Sîdi 'Ali ben Hamdoûch) ; on les attache au bout d’un bâton planté sur le mara-
Fig. 24. — Ex-voto à la fenêtre de Sîdi Ben ‘Alîlecli, à Tanger
( Cliché de l’auteur)
(1) Mannliardt, « Baumkult. », p. 419, a indiqué que charger un arbre de pierres ou en jeter sur lui, peut être un rite de magie sympathique destiné à amener une fructification abondante. Cf Frazer, « Golden Bough », I, p. 38, trad. fr., I, 37, et le curieux passage de Maïmonides cité. Cette croyance peut avoir voisiné avec celle de l’expulsion du mal, toutes deux se traduisant par des rites semblables.
(2) Pour un exemple de chiffons mélangés à des pierres en tas, voy. M. Hartmann, in « Orient. Litt.-Zlg. », XA I, 9, col. 3G1 seq.