TRANSFERT DU MAL
bout-kerkoûr ; à Tin Mêl, le vieux minbar en bois de cèdre, qui est resté tout vermoulu dans une chambre, est décoré de chiffons, morceaux de laine, etc. ... Si le sanctuaire est à ciel ouvert, si c’est un kerkoûr, un haouch, une haouîta, on fait un nœud avec un chiffon ou un sachet avec du cuir, en mettant dedans de la terre, des cheveux, des rognures d’ongles, etc. (b et on le laisse sur place. Il n’est pas de
Fig. 25. — Kerkoûr de Sîdi Dâher à Casablanca
(Cliché de l’auteur)
curieux qui, visilant un marabout dans 1 Afrique du Nord, n’ait constaté la présence de ces sortes de nouets.
Pierres jetées, nœuds faits aux branches des arbres, chiffons suspendus, nouets abandonnés dans les sanctuaires, tout cela peut s’expliquer par le transport du mal dans un arbre ou une chose inanimée et ce n’est que plus tard qu’est intervenue l’explication symbolique de l’offrande au saint.
(1; Voy. de nombreux exemples, dans les ouvrages ci tés de Tylor et de Frazer, des différents objets qui servent ainsi de véhicule aux mauvaises influences; Trumelet, op. laud., p. 87.