ORGANISATION SOCIALE D’APRES LES ARABES
particulier au Maroc, ne paraît pas avoir de fixité. L’organisation des tribus et des cités dans l’Afrique du Nord, leurs subdivisions, le nom et la fonction de chacune de ces subdivisions, sont d’ailleurs un chapitre difficile et obscur. Masqueray a tenté de l’écrire pour la Ivabylie, l’Aurès et le Mzab, et, en dépit du titre de son livre, il s’y trouve de nombreux renseignements sur les tribus nomades : on peut y voir aussi combien les mots « Car ch » et « kbîla » ont un sens différent au Mzab et en Ivabylie ff). Les auteurs arabes ne nous ont laissé sur l’organisation des tribus que des spéculations qui ne sont pas d’une grande utilité pour l’étude de la question. Là, comme ailleurs, ils se sont laissés entraîner à des développements théoriques sans se demander si leurs systèmes étaient d’accord avec les faits. Voici à ce sujet quelques extraits :
« Ibn el Ivelbi a dit, d’après son père, le « chah » est plus grand que la « kabîla » ; après lui vient la « kabîla » puis la « 'imara », puis le « batn », puis le fakhd ». D’après un autre auteur, l’ordre de grandeur est le suivant : le « chah », la « kabîla », la « façîla », la « 'achîra », la « dourriya », la « 'itra » et la « ’ousra » en dernier » (1 2).
Naoufal Effendi ben Ni'mat-Allâh dit d’autre part : « Dans la terminologie des généalogistes, la nation arabe se divise en différents groupes dont le plus général est le « chah » ; la « kabîla » est moins générale ; ensuite, vient la « 'imara », puis le « batn » et les « batn » sont le groupement moyen dans la lignée qui va de l’ancêtre le plus éloigné au dernier de ses descendants ; puis le « fakhd ». puis la « façîla », puis la « 'achîra » qui comprend les plus proches
(1) Masqueray, « Form. des cités ch. 1. pop. séd. de l’Algérie », 102, 174.
(2) Abou Mansoûr et Ta'labî, « Fikh el-loura », 176.